Pourquoi j'écris

Publié le par la freniere

L’écriture, sous quelque forme que ce soit, poème, nouvelle, roman, conte… est toujours et nécessairement «poétique»

La poésie est mon langage, tout comme l’humour et l’ironie auxquels elle s’apparente, c’est pour moi une grille de décryptage du monde.

La poésie m’est nécessaire dans l’aridité des réalités.

Le réel n’est pour moi qu’une contrefaçon désâmée de l’instant, une imposture à qui il faut rendre l’émotion. Je veux dire par là que l’image d’un chien mort, froid et raide sur le bitume, n’est rien, sur le papier glacé, sans la douleur de celui qui la palpe, la ressent, la vit ; rien sans le poids malheur, et la charge invisible du vide de la vie envolée ; bref, rien sans le volume de l’émotion. Vous l’aurez compris : l’émotion c’est mon moteur.

Cependant peut-être en raison d’une éducation, l’émotion est un moteur trop intime pour être livré nu, dans l’impudeur de son dire. Il faut l’habiller du couteau de velours qu’est la poésie

La poésie, par opposition au reportage, est toujours pour moi une remise en forme, un habillage de la réalité, une refonte du réel brut en un mode émotionnel compatible avec ma propre sensibilité.

La poésie, est mon langage intérieur.

Elle est la mise en distance de l’instant, mon filtre protecteur, mon arc de couleur sur la palette des ressentis.

Écrire, c’est toujours pour moi fixer la couleur du moment.

Jean-Michel Sananes
 
http://chevalfou.over-blog.net/
 

Publié dans Glanures

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