Mettons

Publié le par la freniere


Mettons que je suis sourd au bruit des tiroirs-caisses,

J'entends toquer la faim au ventre du Tiers-Monde.
Mettons que je suis sourd aux slogans du commerce,
J'entends le bruit des os dans les chambres à torture.
Mettons que je suis sourd aux chansons à la mode,
J'entends le bruit des mots qu'on écrase du pied.
Mettons que je suis sourd aux ventes à crédit,
J'entends les fruits qui meurent dans les bois qu'on décime.
La vérité ne se mange pas, ni la pensée ni la musique.
Les mots se fanent et reverdissent
mais ils claquent des dents sous les haillons du pauvre.


 



Publié dans Poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

JADE 12/04/2007 15:04

Il est des correspondances de pensée comme des secondes qui mesurent le temps et qui voudraient le  dépouiller de sa gangrène.......! Nus et crus...tes mots font échos aux miens ...douloureux  et pourtant  si vrais...Peut-être que si nous nous mettions à plusieurs pour repeindre un coin du ciel....il y aurait davantage d'oiseaux qui chanteraient les louanges de la terre...et j'aimerais tellement me réveiller un jour seulement avec cette joie dans le coeur....Cordialement à toi
 

jjd 09/04/2007 15:37

"Je m'appelle Ishmaël. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n'ayant plus d'argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l'envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l'eau. C'est ma façon à moi de chasser le cafard et de me purger le sang."

Vous aurez reconnu le début de Moby Dick. Que je relis de temps en temps, pour me purger les sens. Mettons.