Le voyage immobile 1

Publié le par la freniere


Avec mes pieds nus
dessinant des rivières,
mes mains tachées de boue
dans la farine céleste,
je transporte la mer
dans un canot d’écorce,
les coquillages broyés
sous la coque des épaves,
le parfum des pétales
dans les relents d’usine,
le bruissement du cœur
dans la rumeur du monde,
le jet de sel, l’argile
et le désir des vagues
sur le pouls des abîmes,
les abeilles ahuries
qui butinent les pleurs
et le cri des cigales
qui monte vers le ciel
rejoindre les étoiles.
 
J’ignore tout des pierres
qui servent de prison,
du chêne des matraques
et du bois des cercueils.
J’ai appris de la terre
ce que savent les arbres.
Avec les sages aux poches vides
je m’égare mille fois
sur le même chemin.
Mes pas ont des racines
dans l’absolu qu’on cherche.
 
Le vent est si léger
sur la pierre immobile.
Le temps n’épargne pas
le sourire ni les rides.
Pourquoi dois-je partir
quand les bras sont en fleurs?
 
J’ai pris le monde en marche
sans un seul quai de gare
sans amarre sans boussole
avec les mots de la rue
qui coulent vers la mer
et quêtent le silence.




Publié dans Poésie

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