Le voyage immobile 2

Publié le par la freniere


Le soleil à l’épaule
je traverse la vie
le cœur en bivouac.
J’interroge la boue
tout autant que le ciel.
Je navigue à l’estime
dans la marge des cartes
l’oreille sous la neige
et la voix dans les sables.
 
J’écris avec une aile
trouée par trop de balles,
les pas de l’arc-en-ciel
dans la danse des pluies,
l’alphabet de l’espace
et le cri des étoiles
dans chaque atome d’homme.
 
Quand j’interroge l’aube
l’espoir brûle mes rides
avec ce qui nous manque.
Je vais d’un pas léger
rejoindre l’accolade
des abeilles et des fleurs.
Arrivé tout au bout,
acculé à mon ombre,
j’avance encore d’un pas
de la sève aux nuages.
 
 Si je ne suis pas mort
à l’âge de vingt ans
je porte ses paquets
comme on porte son cœur.
Je me souviens d’hier
comme un enfant des rues
se rappelle des plages.
 
On ne sait rien du temps
que les feuilles qui tombent
et l’arbre qu’on abat
ignore s’il sera
table, gibet, fenêtre
ou planche de cercueil.
On ne sait rien du monde
ni la vie ni la mort.
 
Les aveugles s’étonnent
qu’on regarde la nuit,
les sourds qu’on écoute
le silence des pierres.
L’image donne à entendre
ce que la voix dessine.
La parole donne à voir
ce que dit la couleur.
 
Je marche dans la nuit
dont nous sommes les ombres
cherchant parmi les rêves
un espoir à donner.




Publié dans Poésie

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