Demain est toujours

Publié le par la freniere

Dans le vieux bazou de mon destin ton amour est venu gonfler les pneus, refaire le plein, enlever les freins et le volant. Plus besoin d’essuie-glace, il fait soleil sur le capot. Les jantes de roue font du chapeau et le moteur éclate de rire. Le klaxon des oiseaux courtise les nuages et les mains des essieux caressent le chemin. J’arriverai chez toi bringuebalant sur la route du bonheur, le coffre plein de caresses et de baisers nouveaux.

Tu me fais croire à l’impossible, au pont des eaux fragiles, au port des merveilles. Je creuse mon corps dans ta chair. Je me ferai Tendresse pour guérir tes blessures et soigner ton chagrin, Professeur Caresse pour t’enseigner l’espoir, Monsieur Printemps pour affronter l’hiver. On me surnomme Crayon lorsque j’ai bonne mine. Je croise ta route avec ma nuit, ton jour avec ma vie. Demain est toujours. Nous sommes confondus dans un désir unique. Abandonnant le pire, nos bras enlacent le meilleur. Tu es le centre où ma vie se ressource. Je te porte à jamais comme un cœur de lumière. La jeune bouche du plaisir nous embrasse partout.

J’ai renversé mon âme sur ta vie à pleines brouettes d’amour. J’y sème des caresses, des fruits d’éternité, de grandes plantes à bonheur. Avec toi, même les épines des rosiers sont un collier de perles, un pendentif de rosée. Je t’apprendrai à poser ta main sur le cou longiligne de l’espoir, à flatter la lumière dans la gueule du loup. Nous n’avons encore rien dit de ce qui tremble au fond de nous, notre battement d’aile, la plus douce tempête où coulent mille sources. Serrés l’un contre l’autre, nos corps s’enfoncent dans l’étreinte. L’homme grandit en moi comme une tige d’espoir.

Chacune de tes caresses est une corde à mon violon. Les lignes de ta main sont ma seule portée. J’y chante l’infini avec la clef des champs. J’aime ta peau. L’odeur qui s’en dégage est celle de la vie. Je n’ai plus peur la nuit. Tu as laissé tant de lumière sur l’oreiller. Je n’ai plus jamais froid. Tu as laissé tant de chaleur sur ma peau. Chaque matin, tu signes le soleil d’un paraphe éternel. Drap dessus, drap dessous, je rêve toujours à toi, bras dessus, bras dessous. Tu m’enveloppes d’amour comme la peau d’un fruit plus fraîche que l’écume. Je te butine à fleur de peau.

Tu es l’Ariane au fil de lumière, une pelote à bonheur sous ma grosse patte de loup. Je gravis chaque jour une marche de plus. Je m’endors le soir la main sur ta poitrine. Je m’éveille pour toi. La plage appelle la mer. Le cerf-volant cherche le vent. Le bourgeon rêve d’être fleur, d’être feuille, d’être fruit. Je ne rêve qu’à toi et je deviens la sève sous ton écorce tendre. Je veux tout savoir de toi, si tu ramasses des bouts de bois, des plumes, des cailloux comme moi, si tu parles aux étoiles. Je veux suivre tes pas derrière tes mots d’amour, sentir ta présence, respirer ton odeur comme un goût de bonheur.

L’hôtel de mes paumes n’est ouvert qu’à toi. J’ai mis des fleurs dans la chambre du cœur, des draps blancs sur le rêve, une rivière à la fenêtre. J’ai tout repeint à la couleur des caresses. J’ai mis la nappe en tissu d’infini, du ciel dans les verres, un gros pain de baisers, une miche à tendresse, toute une ruche d’amour, une cruche de miel. Les animaux s’éveillent dans les livres d’images, une avalanche de phryganes dans la sphaigne des gestes. Je rêve à toi depuis toujours. J’ai mis une petite veilleuse avec tes mots dedans. Ils éclairent ma nuit. Tu n’es pas seule, tu es la seule Je cherche pour te dire la plus belle phrase du monde. Je tourne ma parole et la clef de ma langue dans ta serrure de chair. Je n’ai pas d’autre identité que ma main sur ta peau. Ta bouche est une adresse où poster mes baisers. Tes mamelons sont des perles façonnant l’infini.

La moindre robe t’enveloppe de beauté, surtout celle du soleil sur ta peau, le calicot de pluie, la mousseline de l’aube. Mes yeux goulus t’avalent à grands traits. Quand je regarde le ciel avec toi, on dirait que les astres s’effleurent, que les étoiles nous font signe. Tout coule vers le chaud, l’intime, la douceur. Les épines sont tendres au cœur de la rose. Les soirs d’orage, je me cache dans tes yeux. J’y allume des cierges. Mes mots flottent dans l’eau du cœur jusqu’à rejoindre ton rivage.

Ton ventre est une scène féerique. J’y apprends mon rôle par le trou du souffleur. Quand tu te déshabilles, des nuées de plaisir me soulèvent du sol. Mon odorat feuillette ton carnet de parfums. On dirait que je marche sur l’eau. Mon cœur est au foyer dans la lentille du corps. Je crayonne sur ton corps, de lèvres minuscules en lèvres majuscules. Lorsque je viens vers toi, je viens à la vie. Je viens à l’enfance comme un homme qui a gardé son rêve. Lorsque je viens en toi, je viens à l’infini, au bonheur, au feu le plus intime.

Il y a de la ferveur où s’aimer n’attend pas. Je te parle toujours le sacré à la bouche, la vérité au cœur, la parole en émoi, les jambes en prière. J’apporte des caresses dans la maison des mains, la musique d’un cœur sous le toit des épaules, la connivence de l’instant dans l’église du monde. Tu sèmes du sable sur les ondes pour en faire une plage. Tu plantes la mer dans mes oreilles. Je neige par les trous pour noyer ton chagrin. Je tends les bras au-delà de mon ombre. Je traverse le monde pour aller jusqu’à toi. Ma course vers ta vie a la ferveur des gazelles, le mouvement des planètes, le vertige des atomes. Notre amour n’a jamais eu de limites et n’en aura jamais. Il gravite comme un astre autour de l’infini.

 

Publié dans Prose

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ELoHa ... 29/04/2007 08:41

J'ai découvert ce superbe texte chez une bloggueuse, Jade .. et j'ai donc suivi suivi le lien ...
Toute femme ne peut que rêver de lire de tels mots écrits pour elle...
Alors je rêve ....  Sourires ...