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Publié le par la freniere

Des clochards aux dents mauves,

Dans les couloirs des gares et des métros désertés,

Se collent les mains aux derniers néons

Et toussent du métal, du verre écrasé.

Les collectes de vêtements chauds n’ont rapporté

Que des lacets et des ceintures. Plus tard,

On leur offrira de vieux pneus de voitures; ils finiront

Par les bouffer, comme les corbeaux de Brautigan.

On pourrait pleurer sur ces gars-là

Mais on ferait aussi bien de les envier :

Quand ça va vraiment mal tourner

Pour nous tous et pour nos fils, ils auront trois longueurs

D’avance et il faudra qu’on leur demande, humblement,

À quelle sauce ça se mange, les pneus.

 
Francis Dannemark

Publié dans Poésie du monde

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