Banderille

Publié le par la freniere

J'écris d'un silence de couteau. Banderille plantée au cou de la confiance. Je déserte l'arène pour éviter l'épée. Ils disent, mais leurs actes trahissent. Je n'aime pas ce qu'ils font. Autre n'est pas l'opposé de clair. Ils ont pris dans mes mains de riche. Quand le temps fut venu de la plus grande pauvreté, ils ont tourné le dos. Ils mangent quand j'ai faim, rient quand j'ai mal, leurs manquements cassent mes doigts. J'écris de ces fractures. Aimer n'est pas justifiable, je ne justifie pas. Le rouge des érables tire à blanc dans mes veines. Les miroirs brisés démultiplient l'image, renforcent la lumière. Chaque pas qui trébuche me rapproche la source. De l'alphabet défait, j'emmène cette joie extirpée des décombres. Loin de tout ce qui tue. Me parviennent encore des liturgies de phrases sous mon  poignet vidé. Ma maison, c'est celle-là, qui demeure.

Ile Eniger, Une ortie blanche

Publié dans Ile Eniger

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