Le Salon des écrivains

Publié le par la freniere

Le premier Salon des écrivains centricois a accueilli 200 à 300 visiteurs et permis la vente d’une centaine de livres d’auteurs des cinq MRC de la région.

Les organisateurs, membres de l’Association des écrivains et écrivaines du Centre-du-Québec, qui ont consacré plusieurs centaines d’heures à cette réalisation, se sont dits très satisfaits. «Nous ne nous étions pas fixé d’objectif et nous sommes contents des résultats. Les gens sont enchantés, je n’ai eu que des commentaires positifs», a déclaré Nancy Shaink, vice-présidente de l’association.

Le but du salon, qui s’est tenu au Cégep de Victoriaville, était de permettre aux écrivains et aspirants écrivains du Centre-du-Québec de se rencontrer, de se connaître et de fraterniser ainsi qu’offrir au public un mini-salon du livre. Une soixantaine de personnes ont assisté aux trois ateliers animés par Richard Gamache, Diane Descôteaux et Richard Rosa portant sur la littérature ludique, le poème haïku et des entrevues avec trois écrivains.

Ce que la littérature peut faire pour le milieu

Une table ronde dont les pannelistes Louis Caron romancier de Nicolet, président du CDCCQ et président d’honneur du salon, Jean-Pierre April, romancier de Norbertville, Marki St-Germain, co-éditeur de la maison «Les six brumes» de Drummondville, Monique Juteau écrivaine de Bécancour, et Nancy Shaink, travailleuse culturelle polyvalente, ont discouru sur l’avenir de la littérature dans notre région. Le poète Jean-Guy Lachance a animé cette discussion.

Louis Caron a émis le constat qu’il n’y a aucun avenir nulle part au Québec pour la culture en général et la littérature en particulier. «Nous sommes une espèce en voie de disparition. Notre avenir est dans les mains de ceux qui nous lisent et font lire. Quelle est leur ouverture d’esprit? Il ne faut pas se demander ce que le milieu peut faire pour la littérature mais ce que la littérature peut faire pour le milieu, l’aider à découvrir l’identité d’une jeune région comme la nôtre par exemple. Nous sommes des filtres de la réalité mais les gens ont désappris à réfléchir. Il faut nous consoler mutuellement et contaminer les enseignants à notre cause.»

Monique Juteau considère que les auteurs des régions sont plus isolés que ceux de Montréal ou Québec qui peuvent trouver des mentors. «L’auteur en région en est réduit à se fier aux critiques de sa famille qui encensent tout ce qu’il fait par affection. Il est désolant que le seul prix remis par les bibliothèques ne tienne pas compte de la valeur littéraire et que les livres qui se vendent le plus soient des traductions.»

L’éditeur Marki St-Germain a fait valoir qu’un bon texte reste un bon texte, qu’importe sa provenance. «Il faut créer des événements qui impliquent le milieu. Dans la région de Drummondville, on a publié un recueil de textes écrits par un auteur de chacune des communautés. Ce projet rassembleur a créé un sentiment d’appartenance.»

Jean-Pierre April, que cette journée a fait renaître comme écrivain, a dit apprécier l’isolement propice à la création en région mais considère qu’il faut compenser l’absence de réseau et se poser les bonnes questions. «Comment rejoindre le public et jusqu’où aller pour se conformer aux critères pour obtenir des bourses?»

Nancy Shaink a exprimé l’importance pour les auteurs de se «réseauter» afin d’encourager les amateurs en voie de devenir professionnels ainsi que sensibiliser les libraires sur leur rôle dans la mise en valeur des livres locaux. «Il faut aussi promouvoir la lecture car nous lisons deux fois moins que la moyenne québécoise.»

Louis Caron a clos la discussion, non pas par le mot de la fin mais bien par le mot du commencement, en informant l’assistance que la région du Centre-du-Québec est la première au Québec qui se dotera d’une vraie politique culturelle régionale. On a également présenté Denys Bergeron, le nouveau porte-parole régional de l’UNEQ. La journée s’est terminée en beauté par un cinq à sept agrémenté par la belle voix de Nathalie Lavigne.

L’association a recruté 11 nouveaux membres portant ses effectifs à 77 écrivains, débutants à professionnels, partenaires ainsi que supporters de la littérature produite au Centre-du-Québec. Les bénévoles et supporters sont invités à se manifester lors des prochaines activités: lecture publique à la Piazzetta mercredi le 16 mai à 18 h ainsi que l’assemblée générale qui se tiendra le 12 juin au local 133 de la Place Communautaire Rita-St-Pierre. Le nouveau conseil d’administration élu aura à décider s’il y aura un deuxième Salon des écrivains centricois, la tendance semblait positive pour une récidive.

 
Monique Giroux La Nouvelle


Association des écrivains et écrivaines du Centre-Sud du Québec  homepage.mac.com/guy.samson/AEECQ/index.html

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