Un bonjour de La Vallette

Publié le par la freniere

Elu, pas encore intronisé, déjà il vogue sur la corne d’abondance, abolissant la distance du coup d’aile majestueux d’un jet Bolloré, entre les miasmes morbides où stagnent ceux qui l’ont porté aux nues, qui lui sont si proches dit-il, les zouvriers des zusines et les mers si dures, cabotant hardiment sur son yacht de soixante mètres pour trouver quelque repos, avant le business. C’est un fameux raccourci ce voyage, de Malte au Fouquet’s, symbolique du futur quinquennat, les lieux et les moyens assurément placés sous le signe d’une présidence économe, ne reculant déjà devant rien afin d’en prouver la justesse, en éprouver le partage.

La collusion évidente, nous le savions déjà, entre le nouveau pouvoir et celui du capitalisme, ne se donne pas même la peine de marquer une pause, ni même de dissimuler un instant les liens qui les soudent. Une fois passée l’obligation électorale d’affirmer « J’ai changé » dans la contrition, l’arrogance habituelle reprend aussitôt le dessus, comme si tout lui était permis, au point d’ignorer l’incroyable provocation, le profond mépris qu’induit ce voyage pour tous ceux à qui il a juré de les sortir du marasme.

La fête continue. Maintenant elle n’a plus de limites, plus besoin de fausses réunions de chantiers. Pourtant, il va falloir tout de même se mettre au travail et tenir les promesses, enfin celles faites à ceux qui payent la croisière presque présidentielle, un juste retour « en somme ».

Philippe Landreau

Publié dans Glanures

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