Avec rien

Publié le par la freniere


La faim s'aiguise les dents
mais le pain quotidien
est dans la gueile du tigre.
La soif traîne un seau
au fer troué de balles.
L'enfance court en vain
de Maillard à Colin.
Elle fait voler un fil
avec rien au bout.
Il est minuit partout.
Le soleil fait la grève.

On nourrit les hommes de mensonges,
les caniches de foie gras.
On trace déjà les bornes
sur la carte du ciel.
Les affamés ne lisent pas le mot pain
sans pouvoir le manger.
Ils ne croient pas au ciel
les deux pieds dans la boue.
Lorsque le Dieu est bègue,
c'est le pape qui bafouille.

Plus je crois m'approcher,
plus le monde s'éloigne.
Même les portes ouvertes
ne mènent qu'au néant.
Quand on crache sur Dieu
même les athées se vexent.
Quand une banque prend feu
tous les pauvres sourient.

Les oiseaux n'ont que faire
d'un arbre au garde-à-vous.
Ils veulent que les branches
se donnent l'accolade.

 





Publié dans Poésie

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