Paroles indiennes

Publié le par la freniere

elle tient le vide

entre ses mains

ouvertes au ciel

elle s’avance et franchit

le pont fragile

de la folie

 

elle sait parler aux chiens

frileux qui la suivent de loin

ils flairent sa douce forme humaine

sans bien savoir où elle les mène

elle rêve en chemin

dans la clarté vive

d’un premier matin

jamais elle ne court

elle marche lentement

vers un retour

qui n’aura pas lieu

 

sa main dessine dans l’air

une longue courbe

il y a dans ses yeux

une île d’herbe

et de tourbe

 

déjà elle oublie sa légende

et ne sait plus le nom de sa mère

elle ne garde de l’Irlande

qu’un bout de ruban vert

 

elle tient le vide

entre ses mains

ouvertes vers le ciel

elle n’a plus de manteau

son ombre glisse sur l’eau

 
*
 

ralentis douleur

je profite du soleil

jusqu’au dernier temps

la lumière coule

dans la buée des bouteilles

ralentis douleur

on y arrive bientôt

à la plage de paix

j’y coucherai ma peine

comme on couche une forêt

ralentis douleur

je ne pourrai plus tenir

jusqu’au dernier coup

mon cœur a roulé

au hasard des désirs

allez va douleur

va plus vite finir

brûle le cœur des sources

que je touche enfin

aux étoiles de verre

qui se brisent dans mes yeux

allez va douleur

pars comme tu es venue

 
Michel X Côté
 

Né à Rouyn-Noranda en 1948, peintre, poète et parolier (Abbittibbi, Desjardins, Léveillé, Babin, Saint-Jack). Michel X Côté est recherchiste et rédacteur au sein d’un organisme culturel autochtone. Il vit à Montréal dans la quartier Saint-Henri.

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miriel :0091: 19/05/2007 19:59

Ton univers un peu étrange mais très riche me plaira beaucoup je pense.Je reviendrais mieux détailler tout cela.A bientôt