À l'école du vent

Publié le par la freniere


J'ai toujours été cancre.
Je voyais dans les mouches
une aventure plus grande
que les cahiers d'école.
Je dessinais dans l'air
des planètes inconnues,
du miel dans la Grande Ourse,
des sorcières sans balai
à cheval sur un crayon,
des virgules poivre et sel
dans la barbe des gnomes.

Par la fenêtre ouverte
je soustrayais des chiffres
sur le tableau des arbres.
Le vent les effaçait,
les changeait, les pliait
comme des heures molles.
Je voyais des oiseaux
me faire des clins d'aile
et se laisser porter
jusqu'au bord du bonheur.

Je lisais comme une vache
dans les trains qui passaient.
Je n'ai connu depuis
que des gares en mouvement.
J'ai découvert les mots
dans les cris des grillons,
les images dans ma tête
ouverte aux quatre vents,
la mer dans les nuages
en revenant de classe.
Je jette encore mon encre
sur des bateaux de papier.

 






Publié dans Poésie

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C
Sans voix, comme souvent, devant tes trois derniers textes, si ce n'est celle de l'amitié...