Je t'aime

Publié le par la freniere

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Je t'aime. Je n'ai plus d'âge. Je n'ai que toi et c'est tout l'univers. Je respire avec toi. J'ouvre les yeux, les mains. J'ouvre les bras pour toi. J'aime te caresser. Ta voix ronde et chaude réchauffe les mots que je t'écris. Je t'attends avec l'impatience des fleurs sur le point de s'ouvrir. Tout est toujours si pur quand je parle avec toi. Ton souffle à mon oreille est un œuf qui éclot. Je laisse grimper ta voix sur une échelle musicale. Il pleut sur l’herbe douce de petites fleurs sonores. Le ciel gris des virgules se couvre de voyelles. La page du jour se colore de mots. Toi seule peux lier les fragments de ma vie.

Comme des vagues aimantes, mes doigts se réfugient dans la mousse de ta nuque, sur le triangle fou par où baille l’azur. Ébloui par ta chair, je me précipite vers toi. J’ai mis ma tête d’espérance, mes épaules d’amour, mes mains de vendangeur, mes muscles de bonheur sur les os du chagrin. Tes mains ouvrent dans l’air un verger de pollen. La vie n’est pas assez pour nous. Quelque chose de plus grand nous habite.

J’apporte mes crayons pour les dessins du cœur, les bulles d’air dans le ventre du pain,  le fil de la parole pour recoudre la vie, mon membre qui se dresse et te prête l’oreille. Mon épaule apprend des choses quand ta tête s’y pose. Donne-moi ta force, je te donnerai la mienne. Donne-moi ta faiblesse et nous serons plus forts. Tout me manque sans toi, même ma propre vie. Tu m’emmènes au-delà, bien plus loin que le nous. Le jour le plus beau ne serait pas sans toi. Je voudrais te nommer entièrement comme on allume un feu. Notre amour se conjugue à l’infini présent. Les mots pour dire je t’aime sont sur les lèvres qui se touchent. J’apprends à lire sur ta peau.

Je voudrais être l’eau quand tu nages, la route quand tu marches. Je voudrais être l’air quand tu chantes, le rêve quand tu dors. À défaut de présence, je rapproche les mots du corps. Je te vois nue dans mon désir d’homme. Je détaille ton corps Je célèbre chaque millimètre de bonheur, chaque pouce de douceur, chaque atome de plaisir. Dans la neige parfois deux flocons se rencontrent et deviennent une flamme. Je ne m’éteins jamais lorsque je pense à toi. Tu brilles dans la nuit d’une même chaleur.

Dans mon hiver de force, ce n’est pas l’hirondelle qui fait le printemps. C’est toi. Tu es ma seule prière. La communion des chairs est une résurrection. C’est avec ton corps que le mien se soulève et touche la lumière. Nous sommes comme la lune sur la chaise du ciel. Sa lumière est un reflet de l’amour. Tous mes mots sont pour toi. Ton regard est mon plus beau vêtement.
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Publié dans Prose

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Pascal Perrot 19/06/2007 12:45

À présent que j'ai trouvé comment éviter que vos textes n'apparaissent sur mon écran ponctués de symboles qui en rendent l'accès difficile, je peux enfin vous dire tout le bien que je pense de vos textes. Celui-ci, ode d'amour et de muqueuses, pétri dans la chair du vivant est magnifique. Il respire la Vie, ponctuant de métaphores superbes la danse des âmes et des corps.