Sous le décor

Publié le par la freniere

Sur les écrans géants, des fantômes jouent à se croire vivants. Ils prennent pour la mer tous les désirs en queue de poisson. Ils cherchent l’or sous le décor. Les chiens le savent qui ne peuvent pas les mordre. Eux cherchent l’os dans les coulisses. On a mis tant de siècles à se tenir debout, un seul écu pour s’aplatir. On nous vend du bonheur en pilules, en cachets, en sachets. On a fait de la terre un grand parc à déchets. Chaque jour le profit distribue ses amendes. Il ne faut pas rêver sur les heures marchandes. À chaque pain qu’on vend, un enfant meurt de faim. Il faudrait les donner. L’homme qui s’érige en statue, c’est sa tombe qu’il dresse. Les cieux firent la terre, la terre fit les hommes et l’homme détruit tout. L’argent a pris le pas sur la peau des caresses. Tout s’achète. Tout se vend. On ne donne que la mort et la gloire à crédit. Femmes de toutes les douleurs, homme de toutes les couleurs, on troquera bientôt le goût salé de la mer pour l’extase en bouteille. La chair des enfants est offerte aux voyeurs. On ne peut plus invoquer Dieu. Il vend des armes et des prières. (...)


à paraître dans le numéro de septembre de Nouveaux Délits.

Publié dans Prose

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colette 02/07/2007 20:41

Oui  mais la liberte des mots dont parle le texte de Timol, elle, ne se vend pas !