Quand on s'aime

Publié le par la freniere

Quand on  s’aime tout s’allège. Un seul baiser annule la somme des silences. Où que j’aille, je vais à ta rencontre. Je viens prier au temple de ton corps et remercier la vie d’être avec toi. Je resterai pour toi un éternel amour, d’ici jusqu’à ma mort, pendant et même après. Je reconnais ta voix dans une corbeille de mots. Elle remplit ma chambre d’un parfum d’infini. Je jette des mots sous tes pas, ma vie entre tes bras. Je guette le bonheur quand il ouvre tes yeux. J’embrasse ta chaleur. Chaque matin, à l’aurore, je perçois ta présence dans l’éclosion des fleurs. J’ai ta clarté au fond de la tête comme une lampe d’amour. Elle brûle d’être deux.

J’ai mis mon cœur entre tes mains. Tu peux le lire comme une lettre. Elle n’en finira pas d’ajouter des caresses, des baisers, des passions. Quand on s’aime, le cœur du monde bat des veines, de celles de l’arbre à celles de l’homme. Le temps respire, de la danse des racines aux vagues des photons. Je t’envoie un paquet de baisers tout neufs, un colis de caresses, tout un paquebot d’amour, une planète entière peuplée de je t’aime. Nous emmêlons les lignes de chance inscrites sur la terre. Je t’écris au plus près de ma peau. Mes mots touchent ton corps comme les bras d’un fleuve. L’âme remonte à la surface des choses.

Plus qu’à tout je tiens à toi comme un arbre à ses branches, une fleur à ses fruits, une mer à ses vagues. Plus que toute lumière ton visage m’éclaire autant qu’un fleuve aime la mer, qu’un oiseau vole, qu’un enfant rêve. C’est vers toi que je nage depuis mon plus jeune âge. J’ai mis le cap sur toi. Ton corps est mon seul port. Tu es celle que j’aime, que j’aimerai toujours. Je t’invente lorsque tu n’es pas là. Nous trouvons l’un dans l’autre ce qui manquait à l’un. Tu es ma seule gare. Je ne m’égare qu’en toi pour mieux me retrouver. Des poèmes naissent dans tes mains. C’est à fleur de peau que je respire ta beauté et ta bonté à cœur ouvert.

Tes yeux me brûlent jusqu’à l’iris. Tes mains me lavent de la prose. Tes bras m’enlacent de bonheur. Chaque matin dit bonjour à ton corps, à ton sourire de belle, à tes regards de feu. L’oreille collée à toi, j’entends bruire la vie. Je découvre mon corps en m’approchant du tien. Je trouve la bonté en écoutant ton cœur, la sève dans ses fruits, l’espoir dans tes bras. J’épouse tes pas sur les sentiers du cœur. Je te prends par la main comme on porte une fleur. Tu embellis à chaque nouveau regard. J’écris des mots pour te toucher, des caresses, des images, des mains. Je fais un pont avec ma ligne de vie. Je traverse l’abîme jusqu’à te rencontrer.

Je te vois comme une source, une lumière, un feu. Les lignes de ma main cherchent l’adresse de ta paume. Mes pieds cherchent tes pas. Mes gestes dansent dans les tiens. Quand je ferme les yeux, tes étoiles infinies illuminent ma vie. Quand tu ouvres les bras, tout l’espace m’accueille. Je t’aime recto verso avec mon centre tout entier, mon cœur entre tes mains, ma tendresse et ma force. Je déchiffre du doigt ton énigme fendue. Je défriche ta source.

Quand nous sommes ensemble, je ne veux rien de plus. Toute la vie s’étale devant moi. Les étoiles frissonnent sur la tige des yeux. Nos corps font un creux dans le matelas. C’est le pays que j’aime. Je te suis et te poursuis entre la terre et l’eau. Ta main sur ma poitrine a la paume du rêve. Je te tiens contre moi. Seuls importent nos gestes. Mes plantes de pied fleurissent quand elles touchent les tiennes. Mes orteils sourient. La lumière passe entre nos jambes. Nos mains jointes en bocal recueillent l’eau du ciel. L'amour est une femme, et cette femme c'est toi.

Publié dans Prose

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lore 12/07/2007 12:23

je le ressens ainsi, tes écrits sont comme les eaux du yukon ou du saint laurent lorsqu'à la fonte des glaciers il court transportant en bouillonnant tout ce qu'il a amassé durant le long hiver. Lorsque je lis tes écrits, j'ai l'impression de redécouvrir la nature, la richesse de tes mots la fait exploser de vie. Bravo tu donnes encore un sens à l'écriture, et un émerveillement au lecteur

Pascal Perrot 12/07/2007 02:06

"Un seul baiser annule la somme des silences" : dès la seconde phrase de ce texte magnifique on est cueillis, soufflés, interpellés. Et l'hymne continue, déroule ses merveilles. "Je t'écris au plus près de ma peau". Superbe métaphore, et le texte persiste, porté par un souffle rare. On est loin ici, ô combien, de mille divagations amoureuses insipides présentes sur les blogs. C'est du costaud, c'est du lourd, c'est du vrai !