Résidence permanente (France)

Publié le par la freniere

J’habite
au plus fissuré des lézardes,
au lamento du violoncelle.

 En Antigone l'emmurée,
en la vierge folie d’Ophélie,
en toute âme désespérée.

 J’habite
à l'œil paniqué du cheval,
au ventre enflé de la famine.

 En écorchés, en sinistrés,
en corridas, en diaspora,
en toute souffrance infligée.

 J’habite
à la main glacée du mendiant,
aux gerçures de l’exclusion.

 En tous calvaires, en rouges guerres,
en miradors, en camps de morts,
en toute existence arrachée.

 J’habite
au plus sanglant des cauchemars,
au vif tranché de l'animal.

 En désespoir, en abattoirs,
en condamnés, en torturés,
en toute vie décapitée.

Publié dans Poésie du monde

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claudie 12/08/2007 09:44

 Quel superbe texte de Colette! , il me donne des frissons tant les mots sont profonds et la musicalité est si pleine de beauté et de sensiblité! "le lamento du violencelle"!"j'habite aux gerçures de l'exclusion"  Magnifique!!Merci à Jacques Lafrenière d'avoir publié ces extraits si vibrants d'émotion

jml 11/08/2007 01:21

Avec plaisir Colette.jml

jjd 10/08/2007 21:31

Et cependant...    J'habite aussi en ce poèmePour que ceux qui hurlent     et crient et saignent    et pleurent parfoisPour que ceux qui ne savent plus        où habiter Aient encore un toi un espace une figure de solidarité...         Frères humains qui après nous vivez         N'ayez le coeur contre nous endurcis...  

colette 10/08/2007 19:00

Merci Jean-marc, c'est un bonheur réel de figurer sur TON blog ! Ce n'est pas donnant donnant mais j'allais justement te demander si je peux mettre en ligne ces jours-ci, un nouvel extrait de ton  recueil "Parce que "J'attends le feu vert