Sans voir

Publié le par la freniere

On ne sait pas ce qu’on voit dans les yeux des mourants. De l’inconnu, sans doute, de la peur, peut-être ? Quand la lampe s’éteint, je cherche la lumière dans ce qu’on ne voit plus. Je touche les objets avec une main d’aveugle. Une gravité nouvelle s’empare des paupières, de la terre à la nuit, de la mort à la terre. Une blancheur de page se décalque dans l’ombre. Le temps se décompose en milliards de facettes. Tout éclate en morceaux. On marche comme des points qui effleurent la marge. Trop de mots font sauter les synapses. Le paysage reste flou. J’imagine un visage à partir des odeurs. J’écoute le silence. Les sons changent de ton. Les mots changent de sens. Les images qu’on recompose de mémoire ont quelque chose de plus. On y voit l’invisible préparer ses couleurs. On y sent l’absolu prendre forme dans l’homme.

Publié dans Prose

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Danièle 27/09/2007 23:47

L'air est mat..  Le silence aussi sourd que des flocons qui tombent sur la neige..  Sentiment d'irréel.. haut porté par le réel..  La dernière fraction de seconde bascule.. C'est fini....Dehors, rien n'a changé..  Un merle sautille sur l'herbe.. effrontément...

Pascal Perrot 27/09/2007 16:16

Une poésie que j'ai vécu comme une émotion, une expérience puissante qui m'a remuée jusqu'au fond de l'ame. Merci et chapeau bas !