Peu

Publié le par la freniere

Ils ne chantent pas, libres et légers, de la source à la mer. Ne laissent pas leurs angles s'arrondir. Ne font pas de chlorophylle. N'ont aucun geste d'aile au bout de leurs moignons. Ils choisissent le gris, expulsent l'arc-en-ciel, alignent des règles et des murs, nivellent le regard. Ils refusent leur terre à la graine qui passe. Ne fertilisent que leurs désirs. Ne font ni fleur ni miel gratuitement. Ne donnent rien à respirer. Mais pensent. Avec cela ils vendent des armes et leurs frères. Achètent leurs conduites avec des papiers sales. Conditionnent la vie et leurs enfants. Détruisent l'univers et la confiance. Ne remercient jamais. Ils gaspillent, tuent, possèdent, s'exténuent. Entre payer et vendre ils font d'un coup de dé, le vide de la vie. De la marque au label, de l'amour dévasté à l'esprit qu'on leur vole, il leur restera peu. Un rêve pour scier les barreaux, la parole et la joie pour cisailler les fers, deux silex en chemin pour refaire le feu. Il leur restera peu, mais je l'écris en majuscules.

Ile Eniger   Un coquelicot dans le poulailler

Publié dans Ile Eniger

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