Ensemble

Publié le par la freniere

Nous nous aimons à la folie, à la vie, à la mort. Je t’aimerai toujours. Nous avons tant de choses à faire ensemble, à commencer par nous aimer chaque jour un peu plus. Je t’envoie par la poste des anges un peu de ma chaleur, mes mains pliées en deux en forme de caresse. Tu es là, debout dans mon regard, à l’abri de ma voix, dans la chaleur de ma peau. Quand je t’ai vue, toute la nuit a volé en éclats. Il n’y a plus que ta lumière. Tu es venue chez moi à la façon d’une amoureuse, comme une main d’eau fraîche sur la peau du désert. Quand la lumière vacille, quand le bonheur hésite, lorsque je manque de courage devant l’inaccessible, je trouve toujours en toi la source où je renais. Il y a les eaux en toi, le soleil et la vie, l’intelligence des saisons, un don contre la nuit, la musique du cœur. Tu m’offres toujours plus que je ne peux compter.

Regarde par la fenêtre, c’est tout plein de baisers en forme de nuages, plein d’oiseaux dans les branches qui te chantent la pomme, plein de fleurs en émoi qui te sourient pour moi. Regarde sur la mer, des vagues de caresses se dirigent vers toi. Brûle-moi. Rafraîchis-moi. Touche-moi. Tu m’agrandis d’un geste. Écris-moi. Parle-moi. Je trouverai les mots pour te répondre. Je trouverai les gestes pour t’aimer. La vie retrouve un sens lorsque nos âmes se rencontrent. Il est midi à l’heure de ta bouche. J’y mange des baisers. Je mets la table pour l’amour. Tu es le pain que tu apportes. Je te vois. Je t’écoute. Je te touche. C’est tout. Nos mots deviennent gestes. Nous sommes riches l’un de l’autre.

Tu as le dos si droit, les mains si douces, les yeux si tendres. Que fais-tu à table avec un bûcheron, un éleveur de loup, une mauvaise graine ? Le temps prend forme avec toi. Chaque heure a ton visage. Chaque oiseau a ta voix. Chacun de mes pas se dirige vers toi. Les mots ne font plus les cent pas dans ma voix, ils courent vers la tienne. Mes gestes craquent aux entournures. Mon cœur bat la breloque. Tous mes atomes craquent pour toi. Je croque dans l’espace le pain de notre amour. Je n’ai plus besoin des mots. Il me suffit de lire ton visage ou conjuguer tes cuisses, d’écrire sur ta peau ou de parler ta langue. Tu m’as donné ta main. Elle est incluse dans la mienne. Nos lignes de vie chevauchent les mêmes parallèles. Il n’y a rien d’assez fort pour les détacher.

Mon cœur bat plus fort avec toi. Il bat si fort que je réponds : entrez, et tu viens dans mes bras. La tendresse vient s’asseoir sur nos quatre genoux. Nous nous regardons dans les yeux si longtemps. Nos regards se confondent à la couleur du ciel. Nos gestes sont des fleurs dans le pot du bonheur. Complice de l’amour, le vent nous pousse l’un vers l’autre. On se sert très fort. On se prend par la taille. Nos bouches en profitent pour explorer nos mots, langue contre langue. Nos corps s’ajustent l’un à l’autre. Ma main trouve sa place sur ta peau. Mes doigts trouvent tes hanches pour compléter leur main. Ils déchargent leur force sur la douceur des muscles. Je t’enlace. Tu m’embrasses. C’est un baiser de feu sur une bouche de neige. Ma parole ruisselle en salive sonore. Tout mon corps dit je t’aime.

Nous nous léchons comme des chats. Nous tirons le ciel sur nous. Nous faisons la vague à souffle court. Nous faisons le fleuve et l’île sur le fleuve. Nous faisons la mer. Nous faisons l’amour. Tout le sang se déchaîne. Les petites voix en nous se forment en chorale, en rumeur, en tonnerre. Nos doigts sont des éclairs dans l’orage du corps. On s’agite. On s’agrippe. On ne forme qu’un seul corps qui exulte, un seul cœur qui bat, un seul muscle d’amour. Nous ne savons plus qui des deux est l’un, qui est l’autre. Nous ne finissons plus, nous commençons ensemble.

Publié dans Prose

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S. Leannán 22/10/2007 14:13

Merveille... Des mots vrais, de vrais mots...Cette folie-là est Sagesse.Merci!S.

colette 19/10/2007 11:35

L'infini, l'immense, du chant d'amour, de l'amour....le seul espace parmi les hommes qui ne donne pas envie de " ronger les barreaux"Tes textes sont bouleversants tant ils sont beaux !