La main (France)

Publié le par la freniere

La main est un labyrinthe à cinq branches.

Elle se perd, elle est vivante dans les cinq.

Chaque doigt cherche pour lui seul à atteindre il ne sait quoi.

Elle se perd dans ce labyrinthe qu’elle est elle-même pour elle

Et, si les cinq doigts rencontrent l’autre main,

Perdue elle aussi dans le labyrinthe d’être cinq,

Si les cinq doigts s’atteignent et que paraît le dix,

Rien ne sortira plus de ces deux mains nouées :

Le nœud est un labyrinthe condamné.

C’est pourquoi, tenez votre main en laisse.

Elle peut rester cet agréable animal domestique

Qu’on voit courir sur le clavier des pianos :

Elle n’a pas d’oreille et pourtant par plaisir, semble-t-il,

C’est elle qui va : «va chercher, mon chien!» et vous rapporte la musique.

 
Roland Dubillard

Publié dans Poésie du monde

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