Les planches (France)

Publié le par la freniere

La terre en peu de temps s’est couverte de tréteaux

de galeries, de gradins, d’estrades

Nous y avons transporté nos meubles

nos maisons, nos rues, nos paysages

et nous y vivons continuellement

du lever au coucher du soleil

On dit qu’en-dessous, sur le sol ancien

où tombent les tickets, les journaux, les bouteilles

vivent d’autres hommes accroupis dans l’ombre

mais nous n’entendons rien pendant la journée

Certains soirs seulement, quand le ciel est rouge

nous nous souvenons qu’un Juge doit venir

brûler ces tréteaux, faire une seule terre

nous demander ce que nous avons cultivé

Alors nous pleurons, nous faisons silence

soudain attentifs à leurs chants sous les planches

 
Jean-Pierre Lemaire

Publié dans Poésie du monde

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