À Noel, dernière lettre (France)

Publié le par la freniere

Tu m’as tout pris,

l’extraordinaire, le simple,

le complexe, le quotidien,

le rêve et l’entente.

 

Il ne me reste rien,

pas un coin de nappe oubliée,

pas un morceau de pain sur la table,

pas un coin de fenêtre

sur la nuit et le jour.

 

Il ne me reste rien,

pas une forêt sur la terre,

ni une mousse,

ni une fleur,

ni une feuille d’arbre,

pas une teinte de ciel.

 

Cet oubli du monde au réveil,

ces yeux mi-clos sur l’âme,

ma dernière chance d’hiver,

mon dernier ciel sur la neige,

tu me les a pris,

tu m’as pris jusqu’à la seconde d’oubli.

 

Je m’échappe à moi-même,

je me coule entre les doigts

et je ruisselle sur ma vie

comme sur une plaine morte.

 

Je pense à vous,

les mots sont neufs,

fondants comme une rose de Noel

dans l’arbre

avec ses surprises, ses flammes et sa légende.

 

Marcher avec toi,

mettre du rouge avec toi,

du rouge aux lèvres,

du rouge aux ongles,

du rouge au cœur.

 

Retrouver le monde avec toi,

dans mes deux mains,

parce que tu m’auras conté

une pluie au printemps

ou un cuivre qui fait l’amour

avec le soleil.

 

Mourir avec ta chair en moi,

m’endormir et rêver que je rêve de toi.

 

Quand je reste seule,

je tends les doigts vers ta réalité,

qui est la mienne.

 

T’avoir pour naître,

oh ! cette chance, ce miracle,

ce don de toi à mes côtés.

 
Attendre,

pour te réinventer,

la venue inouïe de ton visage,

connaître ton visage,

connaître ton baiser,

connaître ton amour,

en mourir, en mourir.

 
Claude de Burine

Publié dans Poésie du monde

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

jml 04/01/2008 15:54

Particulièrement  À Henri de l'été à midi, aux éditions Saint-Germain-de-prés.Merci de passer par ici.

Idothée 04/01/2008 07:55

ho :) contente que tu aimes aussi Claude Burine