Visiteurs du plein jour (France)

Publié le par la freniere

Les tilleuls de la place se redressent avant le vent
Les branches se penchent à la fenêtre pour voir les malades
Sur le bord du lit, il faut déposer des prairies fraîchement coupées et de la tisane du vieux temps
L’odeur du plein jour aussi fauché à la main avant l’évanouissement des mains
Nous venons pour votre mort
Pouvons-nous nous asseoir ?
Là tout doux tout prés
Nous venons de la part des tilleuls
Nous venons de la part du plein jour
celui qui se voit encore dans vos yeux presque immobiles
quand les rumeurs se fatiguent nous entendons
les greniers de vos têtes qui crient famine
pas la peine de mettre de l’ordre
sur les bancs de l’au-delà tout est mêlé
votre main est dessinée par tous les fleuves passés entre vous et les autres
les draps vous aimaient, ils passent par-dessus votre tête tendrement en laissant traîner une caresse
les tilleuls ne bougent plus
Etes-vous encore là ?
Le temps de la visite va se terminer
Les chambres vont flotter loin des tilleuls
Toutes les choses vous regardent encore
Ne vous endormez pas encore sans nous voir
Vous vivrez dans chaque feuille devenue votre rivière
Doucement, ne lâchez pas notre main
Les tilleuls mettent leurs vêtements blancs
Tout est prêt

Publié dans Poésie du monde

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Ghislain Hammer 28/01/2008 09:08

J'aime beaucoup cette façon d'écrire. Une douce mort !! Une mort naturelle. Un vrai plaisir que cette poésie !!! Ghislain.