Frankétienne

Publié le par la freniere

jpg_FRANKETIENNE.jpgLe géant des lettres haïtiennes, né à Ravine-Sèche, en 1936, tout à la fois poète, dramaturge, peintre, musicien. Un “Maldoror” noir, prodigieux créateur de mots, de sons, de rythmes, comme si musique, danse, tradition orale mettaient chez lui la littérature “écrite” en transe, faisaient éclater les cadres traditionnels de la narration. Mondialement connu mais, curieusement, encore à découvrir en France, alors que les écrivains caribéens le saluent comme un génie. Auteur d’une œuvre-cri totalement originale, d’une invention verbale vertigineuse, initiateur du “mouvement spiraliste” qui rassemble en lui dirait-on toute l’âme haïtienne, dont l’autre grand représentant est Jean-Claude Fignolé : nous sommes ici au point où rêve et réalité, se rencontrant, entrent en incandescence, quand grondent encore les forces premières du chaos, à la naissance du monde, et que prend forme peu à peu en nous la lave en fusion des grandes mythologies…

 
BIBLIOGRAPHIE :
Théâtre / Pyèsteyat :

 Foukifoura (Creacom, Port-au-Prince, 2000)
 Kalibofobo. Port-au-Prince, 1988.
 Minywi mwen senk. Port-au-Prince, 1988.
 Melovivi. Port-au-Prince, 1987.
 Totolomannwèl. Port-au-Prince, 1986.
 Kaselezo. (1985) Dérives 53/54 (1986/1987) : 125-163.
 Bobomasouri. (1984) Port-au-Prince : Koleksyon Espiral, 1986.
 Troufobon. (1977) (Imprimerie Les Presses port-au-princiennes, , Port-au-Prince, 1979)
 Pèlin-Tèt (Éditions du Soleil, Port-au-Prince, 1978 ; Pelentet (pyesteyat), nouvo vesyon. Lawrence, KS / Port-au-Prince : Enstiti Etid Ayisyen Inivesite Kannzas / Edisyon Espiral, 2002.

Roman :

 Dézafi (Édision Fardin, Port-au-Prince, 1975 ; Châteauneuf-le-Rouge : Vents d’ailleurs, 2002)

Publié en France :

 D’une bouche ovale : deuxième mouvement (Vents d’ailleurs, 2006)
 La nocturne connivence des corps inverses : quatrième mouvement (Vents d’ailleurs, 2005)
 La méduse orpheline : troisième mouvement (Vents d’ailleurs, 2005)
 D’un pur silence inextinguible : Premier mouvement des métamorphoses de l’oiseau schizophone (Vents d’ailleurs, 2004)
 Ultravocal : Spirale (Hoebeke, 2004)
 Mûr à crever (Ana éditions, 2004)
 Dezafi (Vents d’ailleurs, 2002)
 Les Affres d’un défi (Jean-Michel Place, 2000)
 L’oiseau schizophone (Jean-Michel Place, 1998)

En français :

 La Diluvienne. Port-au-Prince : Spirale, 2006
 Adjanoumelezo, réécriture. Port-au-Prince : Spirale, 2005.
 Fleurs d’insomnie, réécriture. Port-au-Prince : Spirale, 2005.
 Anthologie secrète. Montréal : Mémoire d’encrier, 2005.
 Brèche ardente. Port-au-Prince : Spirale, 2005.
 Et la voyance explose. (1997).
 Les échos de l’abîme. (1997).
 Clavier de sel et d’ombre. (1997).
 Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres. (1996). 2006.
 La nocturne connivence des corps inversés. (1996). 2005.
 La méduse orpheline. (1996). 2005.
 D’une bouche ovale. (1996). 2005.
 D’un pur silence inextinguible. (première partie de L’Oiseau schizophone, 1993). 2004.
 La Roque d’Anthéron (France) : Vents d’Ailleurs. Parution de 2004 à 2006 :
 Miraculeuse. Port-au-Prince : Spirale, 2003.
 H’Eros chimères. Port-au-Prince : Spirale, 2002.
 Oeuf de lumière / Huevo de luz (poèmes). Port-au-Prince : Spirale, 2000.
 Rapjazz, Journal d’un paria. Port-au-Prince : Spirale, 1999.
 Voix marassas (spirale francréolophonique). Port-au-Prince : Spirale, 1998.
 Et la voyance explose. Port-au-Prince : Spirale, 1997.
 Les échos de l’abîme. Port-au-Prince : Spirale, 1997.
 Clavier de sel et d’ombre. Port-au-Prince : Spirale, 1997.
 Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres. Port-au-Prince : Spirale, 1996.
 La méduse orpheline. Port-au-Prince : Spirale, 1996. D’une bouche ovale. Port-au-Prince : Spirale, 1996.
 La nocturne connivence des corps inverses. Port-au-Prince : Spirale, 1996.
 L’Amérique saigne (Gun Bless America) (roman, co-produit avec Claude Dambreville). Port-au-Prince : Microplus, 1995.
 L’Oiseau schizophone (spirale). Port-au-Prince : Éditions des Antilles, 1993 ; Paris : Jean-Michel Place, 1998.
 Adjanoumelezo (spirale). Port-au-Prince, 1987.
 Les Chevaux de l’avant-jour (poésie). (1966) Version revue et corrigée, in : Dérives 53/54 (1986/1987) : 41-86.
 Fleurs d’insomnie (spirale). Port-au-Prince : Deschamps, 1986.
 Zagolkoray (spirale). Port-au-Prince, 1983.
 Les Affres d’un défi (roman). Port-au-Prince : Deschamps, 1979 ; Paris : Jean-Michel Place, 2000.
 Ultravocal (spirale). Port-au-Prince : Imprimerie Gaston, 1972 ; Paris : Hoëbeke, 2004.
 Mûr à crever (genre total). Port-au-Prince : Presses port-au-princiennes (coll."Spirale"), 1968 ; Port-au-Prince : Éd. Mémoire, 1994. Bordeaux : Ana Éditions, 2004.
 Chevaux de l’avant-jour (poème). Port-au-Prince : Imprimerie Gaston, 1965.
 Vigie de verre. Port-au-Prince : Imprimerie Gaston, 1965.
 Mon côté gauche (poèmes). Port-au-Prince : Imprimerie Gaston, 1965.
 La Marche (poèmes). Port-au-Prince : Éditions Panorama, 1964.
 Au Fil du temps (poèmes). Port-au-Prince : Imprimerie des Antilles, 1964.

 

Un pari sur le futur de l'écriture hybride transphonique / francréolophonique / schizophonique / transgressive, avec les risques majeurs d'un enjeu global, la prise en charge d'un métissage total / anti-totalitaire, parce qu'excluant toutes les formes de dogmatisme, de terrorisme et d'intolérance.

Une ouverture sur la vérité, lieux de jonction où s'articulent l'imaginaire et le réel.

Un voyage tourmenté à travers des paysages imprévisibles.

Une aventure littéraire insolite avec une dimension ludique fabuleuse.

Un jeu graphique varié mettant à profit la rationalité rigoureuse de l'étymologie et la sensualité musicale de la phonologie à l'intérieur du texte.

La permanence du dire subversif et de la parole dissidente.

La dynamique du jeu subversif / collectif à travers les va-et-vient du je au nous.

La dialectique de la mémoire éclatée dans le fonctionnement du paradoxe : solitaire / solidaire.

Dire textamenaire,
*

Affronterais-je de nouveau ma solitude ? Sur ma table de travail, elle me regarde écrire. Tout près de moi, la bouteille de Marie-Brizard, au fond de laquelle gisent les sédiments de l’anisette. Liqueur 25 degrés. Bordeaux. Maison fondée en 1755. Sur ma table, un tapis rayé bleu, le miel rachel, le pansement gastrique sédopeptine qui supprime les aigreurs, le tire-bouchon de bronze, l’oreille d’une tasse écoutant mon soliloque, un amas de cendre. Au fond, j’ai vieilli tout seul dans le polyèdre.

*

Qu’est-il advenu de nos souffrances amassées pour la guérison et le salut ? Nous ne savions pas qu’il était si facile de se leurrer. Nos meurtrissures demeurent aussi vraies, aussi profondes que nos espoirs.

*
Si tu veux vraiment mourir
commence par te taire.
Mais si tu veux vivre
parle
parle plus fort que le fracas de ton corps.
*

Le chant du cratère. Ma bouche de volcan. La violence au quart de mot. En premier lieu, il importe de résister pour ne pas être entraîné vers les pôles glacés du silence. Il n’y a de pire énigme que celle des bouches cousues.

*

Chaque jour, j’emploie le dialecte des cyclones fous. Je dis la folie des vents contraires. Chaque soir, j’utilise le patois des pluies furieuses. Je dis la furie des eaux en débordement. Chaque nuit, je parle aux îles Caraïbes le langage des tempêtes hystériques. Je dis l’hystérie de la mer en rut. Dialecte des cyclones. Patois des pluies. Langage des tempêtes. Déroulement de la vie en spirale. Fondamentalement la vie est tension. Vers quelque chose. Vers quelqu’un. Vers soi-même. Vers le point de maturité où se dénouent l’ancien et le nouveau, La mort et la naissance. Et tout être se réalise en partie dans la recherche de son double. Recherche qui se confond à la limite avec l’intensité d’un besoin, d’un désir et d’une quête infinie...

Frankétienne

Publié dans Les marcheurs de rêve

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article