L'oeil gauche de l'infante (France)

Publié le par la freniere

Un beau jour, on sait quitter droit debout le bois du lit où on a glissé d'un ventre mûr.
Sous les pieds, tangue une terre battue et bosselée qu'un balai de genêts débarbouille et peigne.
Tête haute, sous le tiroir à sel de la table, on s'assure à des genoux mouvants de grosse toile bleue ou de coton clair.
On évite les sombres amériques derrière la cordillère des armoires. Et on s'aimante à cette ornière engrossée de pluie par les vents d'ouest, au mépris de la porte fermée.
Au-delà, commence un monde lumineux et hardi, barré d'un seuil de granit, où l'on n'a pas encore pied.

Françoise Moreau-Dubois

Publié dans Poésie du monde

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