Roger Lahu

Publié le par la freniere

Roger Lahu a un demi siècle, est père de deux enfants, roule dans une AX diesel avec 250 000 km au compteur: aucune autre certitude «établie».

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Le poème de Roger Lahu

un type – la cinquantaine.prof de collège.

habite en campagne.marié.deux enfants –

 

qui roule en Citroen AX 1.5 d qui coupe

du bois avec son merlin au manche jaune vif garanti à vie

qui roule ses cigarettes – les meilleures dit-il c’est à la pêche en

rivière –

qui aime bien boire coteau du Layon ou du bourbon

manger une pintade fermière du pot-au-feu rustaud ou même

une tranche de rumsteack

 

il a hérité de sa grand-mère un vieux hachoir à viande pour

faire pâtés et terrines

il écoute du jazz les Stones Lou Reed des raga une chanteuse

du Tadjikistan

qui s’accompagne au dotar ou un concert d’oiseaux

 

il écrit aussi des poèmes contes des jours ordinaires Roger

Lahu
                        Il vit comme il écrit au plus près

Daniel Biga
 
 
Bibliographie

Au plus prés, Le dé bleu, 1998
A la leur,Comme ça et autrement éditions, 1999
Winter train blues, Comme ça et autrement éditions, 2000
Les advenus, Atelier de Villemorge, 2000
Chorus autour d’un puits, avec F Cottet, Editions Le chat qui tousse 2001
Intimement séparé, Gros Textes éditions, 2001
Faites comme si je n’étais pas là, Carnets du Dessert de Lune, 2001
Non voyages, le Pré carré, 2002
36 poèmes pré-posthumes, le Pré carré, 2002
Méprises de vue, Editions Le chat qui tousse, 2002
Matériaux pour un poème en hiver, L’impertinente, 2002
CD seul trace du« Poème de La lecture au Pannonnica de Nantes », Maison de la poésie Nantes, 2004
Les anguilles, ed. Le dé bleu,2005
Le décor de l’envers, ed. Carnets du Dessert de Lune, 2006
It doesn't stop,Wigwam, 2007
Des pas dans la neige sans neige, Potentille, 2007
•Ouvrages Collectifs 
« Le dit », de JP Dubost, Bibliothèque St Herblain, 2002
« Moments impertinents », Comme ça et autrement, 2003
« On y mit », livre d'artiste, - Le petit jaunais/Maison de la poésie Nantes, 2004
« Avec mes yeux », photographies d'Y Lecoq, editions En Forêt, 2007
Numéro spécial Reverdy de la revue Triages, 2008
•Essaye d’adapter en français l’œuvre poétique de son ami nippon Hozan Kebo une dizaine de plaquettes disparues aux non-éditions Smiling Trout
•A créé, animé puis trucidé le poezine « Noniouze » 17 numéros parus
•Anime depuis 2005 avec JC Belleveaux et Yves Artufel la revue « Liqueur 44 » 9 numéros parus
• « Ouvre fenêtre » sur ce site (plaidoyer pour l’oignon, « aux larmes, citoyens »

 

•Textes accueillis dans les revues, revuettes, poezines & autres feuilles suivantes :
A la Machine / Alpes vagabondes / Comme ça et Autrement / cahier d’ écritures / Comme en poésie / Cotcotdi /Coup de soleil / Contre-Allées / Décharge / Du poil au genou / Gare Maritime /Glanes / Gros Textes /Interventions à haute voix  / L’échappée belle / Lettre de sortie de secours / Le Matin Déboutonné / Le Polème /Libelle / Microbe / Moloch /Neige d'aout / Nu montant un escalier ? / N 4718 / Noniouze / Ouste ! / Petite / Parterre Verbal / Quimper est Poésie / Rétroviseur / Sémaphore / Traces /Traction-Brabant / Troxx

 
La poésie au noir

ce qui advient dans le poème au noir
est vrai

comme le bec jaune d'un merle
crochant un ver:
un éclair de mort-vie
sans liesse

 
Erreur de saisons

donnez-moi une ombre
une ombre très lasse
et qui stagnerait en lourde paresse d'ombre

un coup net d'un rasoir
de lumière
comme une saute d'espoir
ou sursaut d'agonie

et elle saignerait

et ça serait un soir
de vieil automne
pourrissant

et il n'y aurait rien
à redire

même la pure clameur bleue
de ce soir d'été
n'y peut rien

ça saignera
 
"It doesn't stop..."


depuis des jours le ciel roule
insolemment
ses épaules bleu cru
au-dessus de l'ardoise
grise et mince et piètre
des toits voisins

l'ardoise
j'ai pris son parti
sans hésitation
je parie sur son opiniâtre
résistance
je mise tout ce que je ne possède pas

le ciel et son bleu et ses coups d'été vainqueur
il ne fera jamais le poids
il ne tiendra jamais

la distance

je le sais bien
qu'on gagnera par jet d'éponge
pluvieuse d'automne
l'ardoise et moi

sans en tirer gloriole

c'était un combat gagné
d'avance

le ciel bleu cru des étés
c'est qu'un rouleur
de fausses mécaniques

Roger Lahu

 
 
 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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