Sans bruit (France)

Publié le par la freniere

Quelle voix m’appelle dans le lointain

je n’en peux rejoindre l’origine

je l’entends résonner dans mon cœur

pour réveiller des ombres endormies

 

Quel amour m’oblige sur la terre

quand je n’ai plus assez de foi

pour nourrir ma vie d’une lumière

dont j’ai parfois réglé mon sang

 

Où se cache la source qui ordonne

cette force à mes gestes consumés

tandis que mon âme demande silence

devant le mur d’une paix

 

Pour quel obscur dessein m’avoir donné

une part d’existence sous le soleil

à moi qui ne sais jamais vivre

que l’aigre étonnement d’être né

 

Le jour brûle au bout de mes doigts

sans bruit comme ferait la mort

cette usure remonte dans mes veines

le souvenir sans logis d’une tendresse.

 
Patrice Cauda

Publié dans Poésie du monde

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