Un galet lisse

Publié le par eniger

Je marche ce matin aux prières des humbles avec ce poids au cœur qui incline ma tête. Des poussières de juin, je sais une douleur, je ne détourne pas. Les lilas ont fané, je touche leurs yeux secs d’une caresse simple. Piétiner une fleur pour en cueillir une autre n’est pas de mon propos. Il faut l’âme au présent quand on est imparfait. Les arbres me regardent. Les heures s’accomplissent. La lumière fragile où s’agitent les ombres accompagne mes pas, leurs traces inévitables. Je sais que je ne sais que cet état présent qui taille une fenêtre dans la pierre du ciel. Et je vois une peine où rougeoie la blessure. Ma route va nus pieds dans les mots qui se taisent. J’affaisse la laideur et la fureur du monde, les épines des phrases me trouveront sans armes, aucune guerre, jamais, ne peut justifier ses morts. Je n’ai qu’un galet lisse pour pacification. Et tu le trouveras dans mes paumes ouvertes et tournées vers le haut. On ne prononce bien que ce qu’on porte en soi de toute éternité.

Ile Eniger

 

 

Publié dans Ile Eniger

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