À un frère de la côte

Publié le par la freniere

Pour Yann Orveillon

Sois ce qui en moi
n'arrive pas à
être
naître

Sois le fleuve en joie
que le poisson froid
pénètre
jusqu'à l'arête

Sois la vache qui va paître
entre les astres de plomb
dans le champ céleste

Sois le buisson de feu
où se jette l'agneau

Sois mes deux yeux
crevés par Jésus-Christ
et son complice le prêtre.

Sois ce pur cri
cette lutte mêlant races et races

Soit cette tétanie
qui te permet de regarder ta mère
en face
d'embrasser le front de ton père
d'enlacer les arbres feuillages et troncs
et d'épuiser ta faim parmi les noirs cochons
venus de Thrace

Sois la signature la rature
de ce qui n'a ni sens
ni avenir ni mesure
ni progéniture.


André Laude

Les Voleurs de feu

Publié dans André Laude

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