Passer pour fou

Publié le par la freniere


La mort d'un pays par un autre est un crime, tous les soldats des criminels, tous les banquiers des assassins, les hommes d'affaires des tyrans. Chaque pièce de monnaie est une balle dans la peau d'un enfant. Il est temps qu'on arrête de penser en terme de profit mais plutôt à la façon de partager. La terre nous est prêtée pour en faire un jardin non un parc à vidange ou un cimetière de luxe. Comment peut-on aimer en ne pensant qu'à soi, en faisant des soldats avec des enfants, des ennemis avec des voisins et des esclaves avec les hommes ? J'aime mieux passer pour fou que de passer tout droit, faire mon pain, faire le paon plutôt que mordre mon chien. Qu'on me traite de naïf, je n'en ai cure ni d'Ève ni d'Adam. Quand je regarde le monde battre de l'aile, je sens le poids du désespoir au bout de chaque plume, les plumes des oiseaux englués de pétrole, les plumes des poètes que les journaux musèlent, les plumes des Indiens que l'on décime encore. Où donc a dévié la première caresse pour devenir un poing, le premier cri pour devenir un slogan, la première prière pour devenir un kamikaze enrubanné de bombes se lançant sur la foule ? L'amour se chiffre au prix des roses. Comment le partage a-t-il pu devenir le profit et le travail un esclavage ? Du train où vont les choses, c'est la gare qui déraille. Quand on n'aura plus à manger que des billets de banque, il sera trop tard pour semer la moindre graine. Monsento aura bouffé jusqu'au cours de la Bourse et ne plantera plus que des chiffres d'affaires.

 

Publié dans Prose

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