Par ta chaleur

Publié le par la freniere


Je déshabille le monde un peu plus chaque jour. Si je parviens à traverser le froid, c'est par ta chaleur. Nul rempart ne peut plus enrayer le bonheur. J'ai beau lancer mes pas comme des dés sur la route, ils mènent tous à toi. Nos horizons distincts ont des paroles mutuelles. Quand je marche avec toi, j'ai toujours l'impression que le soleil me suit. Toute ombre devient feu et la neige lumière. Chaque ruisseau est un fleuve. Chaque plante est un jardin. Chaque homme est un ami. Le vent soulage mes épaules. Mes pas sont si légers qu'ils caressent la terre. Je ne marche plus, je vole.

Je me prends pour la mer. Je me transforme en vagues. Il n'y a plus de marée mais un flot de caresses, du petit ru d'un doigt jusqu'au fleuve d'un bras. Donne-moi ta main, je te donnerai la mienne. Je serai dans ton ciel. Je serai dans tes bras plus près de l'infini. Dis-moi ce que tu vois, je te verrai le regarder. Ton cœur ponctue ma vie. Tu es ma latitude. Tu es ma longitude. Tu me situes au milieu du cosmos. Je t'écoute, je rêve et ce n'est plus un rêve.


Tu es allongée comme une barque renversée. J'y rame avec toi à rebours de la mort. Les mêmes vagues nous façonnent. Je tiens tes mains de femme entre mes mains d'homme. Je t'aime d'une passion plus haute que d'aimer. Quand l'hiver est trop long, le feu roux d'une renarde me réchauffe. C'est son museau qui souffle dans tes caresses sonores. Qu'y a-t-il dans ta main qui me donne tant de force ? Qu'y a-t-il dans tes yeux que j'y vois l'infini ? Il n'y a rien en toi qui ne soit ce que j'aime.


La terre se lève sur ton passage. Les arbres dressent leur cou. Les fleurs te saluent. Tu tends les mains vers le soleil et j'y pose les miennes pour qu'on le goûte ensemble. Chaque matin, notre amour commence. Il commence toujours et ne finira pas. Nos neurones s'affolent à même la lumière. Le cœur maintient le rythme et nous dansons, nous valsons à même l'infini. Je n'existe plus que pour être celui qui t'aime. Nos pas occupent le même espace. Nous avançons d'une empreinte commune. Tu peux jeter tes larmes sur mon cœur, j'en ferai des caresses.


Tu sais parler aux bêtes. Elles te suivent de près et te protègent des faux pas. Je ne sais plus rien d'autre qu'être là où tu es. Tu traverses mon corps comme un torrent de vie que plus rien ne retient. Il m'entraîne plus loin que les mots pour le dire. Je brûle d'un amour tangible comme le feu. Je veux que tu sois la mieux aimée. La lune brille avec toi. Je me confonds à sa lumière. Il n'y a pas d'espace qui contienne l'amour. L'amour inclut tout. Il n'y a pas de temps pour aimer. L'amour n'a pas de temps. Il se conjugue à l'infini. Ta parole s'insère dans le silence que je suis.


J'écris avec la pointe de l'émotion sur le papier de l'âme. Depuis mes mots jusqu'à tes yeux, ta lecture abolit la distance. Le soleil chante sans relâche. J'ai ton sourire étampé sur le cœur. Ta main. Je regarde ta main. J'apprends ses lignes. Je la prends, pleine de chaleur et d'infini. Ta main est une immense caresse. Je m'y love, my love. Lorsque tu n'es pas là, je dors du côté vide du lit. Je te rejoins en rêve. Je ronfle tellement fort que je réveille les nuages. Je veux que tu m'entendes à l'autre bout du monde.


Il m'arrive de mettre ton parfum pour vaincre la distance. Je suis à toi. Je suis à toi avec mon coeur plein d'émoi, avec mon âme pleine d'aimer, avec mon corps plein de joie. Fais de moi ton sommet. Tu es le seul instant que je revis sans cesse. Il n'y a que nous deux. Y aurait-il la foule, il n'y aurait que nous deux. Nous sommes amoureux. Nous sommes amoureux pour toujours quoiqu'en disent les heures. Il n'y a que nous deux, étonnés d'être là, comme les deux bras d'un corps qui se joignent les mains. Nous sommes d'une autre galaxie, dans une autre dimension, toujours ailleurs en étant là. Ensemble, tout ce que nous voyons a le goût du bonheur. Quand tu m'as proposé de vivre, tout mon corps a dit oui. Avec ma glaise inachevée, tu as fait le début d'une épure. J'apprends à être.

Les plus belles pages de mon livre, c'est toi qui les écris. Les plus belles images, tu les dessines en moi. Notre amour engendre les plus belles paroles. Tu es la main qui manquait à mon bras, les doigts devenus caresses, les lèvres de la terre sur les lèvres du ciel. Moi qui fus le cloporte, la salamandre, le serpent, je suis le ciel en toi, tout un essaim d'étoiles. Moi qui fus la chair de poule, je suis la caresse pour toi. Moi qui fus l'ange déchu, je suis l'homme pour toi, le rebelle debout, le tendre dans tes bras. Je ne veux pas savoir l'heure qu'il est. Je veux goûter ta peau. Je ne veux pas savoir la distance. Je veux le lien qui nous unit.

Je pose mes lèvres sur toi, partout. Je danse en funambule sur ta ligne de coeur. Soyons notre île, notre terre, notre mer. Nous ne sortirons plus de la cahute du cœur sauf pour cueillir des fleurs. Soyons notre temps, notre espace, notre infini. Nous ne sortirons plus de la tente à caresses. Je t'ai aimée sans même te connaître comme on aime la vie quand le soleil se lève. Je n'en finirai pas d'apprendre l'infini. Tu m'apportes la mer, le sel de la vie sur mes plages de neige. Tu exiges, tu ris, tu pleures. Tu ouvres ton enfance comme une amande amère. Tu apportes la voix aux choses du silence. Nous ne serons jamais hors de portée des mots. Chaque soir désormais, je dors dans les tiens.

Je ne cesse d'écrire pour te faire un manteau, une table, un jardin. Je pose mes mains sur toi et mes souliers troués dans tes pas d'escarpin. J'orpaille tes caresses dans le tamis des doigts. Je dépose à ta porte une prairie vivante, une rivière d'amour, un fleuve de tendresse, une montagne de joie. Je t'ouvre une lucarne dans le grenier de ma tête, une porte sans gond à la hauteur du cœur. Toi seule en a la clef. J'ai soif d'être ton eau. J'ai faim d'être ton pain.

Publié dans Prose

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Commenter cet article

corinne 09/02/2012 08:03


...Merci pour cette chaleur...