Il me faudrait

Publié le par la freniere


J'approche ta beauté comme d'un oasis. J'ai tellement soif. Je veux boire ton eau. Je vis en face de toi. J'essaie d'habiter mieux l'espace qui nous lie, faire danser les anges sur la musique humaine, nommer les choses qui nous fuient mais restent en filigrane. Je ne sais pas le dire mais je t'aime tellement. Il y a dans tes yeux une échelle qui monte battre les fruits de l'arbre, une étincelle immense qui allume le monde. Ta main tournant la mienne ouvre la porte de ma vie. Les mots que je t'écris ne seront jamais aussi beaux que ta voix, les nuages aussi hauts que toi, les rivières aussi vives que ta vie. Il n'y a personne d'autre que toi avec qui j'aimerais partager même un mauvais dîner. Je te mangerais des yeux pour goûter l'absolu. À chacun son rêve, son pays, sa parole mais à moi seul ta beauté.

Chaque fois que je pense à toi, je monte un peu plus haut sur le sommet du monde. Ton rêve habite mon sommeil. Je ne dors pas, je t'aime. Tu vagues. Je vogue. Nous sommes sur la mer. Nos barques inversées n'en forment qu'une seule. Nous sommes de ceux-là que l'amour tient debout. Enlacés par le cœur, le grand oui de la vie nous sert de mémoire. Nos caresses sont le parfum de la terre. Le brasier de l'amour ne laisse pas de cendres mais son eau donne soif. Je bois sans cesse à toi. Chaque fois que je te pense, je me sens vivre. Chaque fois que je te vois, je sais pourquoi je vois. Chaque fois que je t'entends, je trouve la parole. Chaque fois que je t'aime, je sais pourquoi je vis.


Sur la ligne qui va de tes yeux aux miens, rien ne bouge que nos âmes qui ne cessent de monter. Il y a dans ton regard tout l'infini du monde, une œuvre inachevée que je retouche de caresses. Tu transportes la mer à chaque aller-retour. Je cueille un peu de vagues en ouvrant tes valises. Tu sens l'amour et la douceur, la tendresse et la chaleur de fille. J'aurai vingt jambes s'il faut courir à toi, dix mains pour la caresse, dix mille yeux pour te voir, un boomerang pour revenir. J'aurai un sabre d'eau pour inonder la soif. J'aurai deux cœurs avec la tien. Tu sens la femme et l'absolu. J'ai mis ma force dans ton corps, pour ranimer le feu, pour que l'angoisse n'y trouve pas sa route.


On se regarde. Ça fait un bruit de vagues, un splouch de lumière. On se touche. La vie éclate en milliers de frissons. On se caresse et le malheur fait tilt. On se parle avec la bouche pleine d'amour. Lorsque je dis ton nom, il brille dans ma tête comme une chandelle d'infini. Je mets une rivière sur ton corps, un ruisseau de baisers avec un pont pour les caresses. J'ai une fontaine sur les lèvres qui n'attend que ta bouche. Maintenant, le monde, c'est toi. Il devient beau soudain. Les nuages sourient. Les arbres dansent sur la musique du cœur. Les racines jouent du violon sous l'archet de la terre. Les cigales sont des étoiles sonores dans la nuit des images. La vie répand tout son pouvoir. Il y a tant de nuances entre sentir et ressentir. Je manque de mots pour toi. Je manque de mains. Je manque de bras. Il me faudrait les doigts d'un arbre qui caressent le vent.


(...)

Publié dans Prose

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