Les chemins du fric (France)

Publié le par la freniere


L'argent va à l'argent comme la vache au taureau quand il paît tranquille dans son pré cachant bien ses glandes et son faux air d'inséminateur artificiel.
L'argent va à l'argent dans la ligne directe des notaires actifs de droits imprescriptibles des descendants de la grande descente en droite ligne au travers.
L'argent va à l'argent dans les mille replis de l'injuste connivence des vagues de nantis qui s'accrochent aux digues en béton armé.
L'argent va à l'argent en avançant les lèvres pour des baisers mortels emplis de boutons plus blancs que les poisons phalloïdes.
L'argent va à l'argent sans calculer le poids de pudeur requise par les tables de vaisselles d'or ou bivouaquent les requins du banquet partageur.
L'argent va à l'argent sans mettre sur ses fesses le slip de la décence ni cacher les perles de conscience qui partent une aune.
L'argent va à l'argent, en fûts, en pots, en barres, en tonneaux, en billets, en bas de laine, en coffres, en cassettes, en titres, en boucles, en colliers, en désespoir de cause, en pavillons, en immeubles, en hôtels, en champs, en prés, en paille, en cheptel, en maisons closes, en voiture, à pied, à cheval de course, en manade, en étalon, en carats, en ballon libre.
L'argent va à l'argent tous les moyens sont bons.


Jean-Pierre Lesieur


Publié dans Poésie du monde

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