La marque

Publié le par eniger

La torpeur du dimanche inclut naturellement le trouble de l’attente. Sevrée du lait des distractions, je ne suis que cela, concentration d’attente. J’imagine la neige, et dedans un tapis, un feu de cheminée, le vin qui tremble chaud et des bougies partout. Des lieux communs de poésie gentille proposent leurs réseaux, synapses rassurantes. Mais la chose à écrire s’y refuse tout net. Les mots sont des sépulcres qu’il ne convient d’ouvrir que par inclination créatrice, native. Flamberge meurtrière qui pilonne le tiède et relève les os. Quelque chose me dit de ne pas me résoudre à leur porter des fleurs. De saisi instinctif comme la rebouteuse choisit la juste plante, j’entends les mots cogner dans le bois de la langue. La parole est un trou, un bruit, une carrière ou s’agite le dire. Le désir l’affranchit du cloître des morales, la tendresse l’innocente, l’émotion la redresse, l’identité l’éloigne des unions confortables. Et l’amour ? l’inclassable, qui hésite toujours entre la folle avoine et la mort du vieux rêve, l’envisage en son antre avec des yeux rougis et des doigts fatigués. La torpeur du dimanche se trouble d’une attente. Mais je l’entends qui crie, la marque du vivant. Et c’est la voix du loup qui appelle la lune.
 
Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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jj dorio 28/03/2006 07:23

Comme le loup blanc

Qui regarde la lune

Qui court dans les nuages

Où les hommes s’affrontent

Dans des guerres sans fin

Comme le loup blanc

Regarder le mystère

Dans toute sa force paisible

Intense Libérée des calculs

A pas de loup A pas de danseuse

A pas d’innocence alouvie

Mimi 25/03/2006 17:49

Bien vu ce blog ! Continue ainsi ! :)



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Ghislain Hammer 25/03/2006 12:34

Belle philo .
Amitiés
Ghis