Ils ont dit

Publié le par la freniere



Il faut peindre dans la ferveur et l'innocence du premier jour comme s'il était le dernier. Le geste de peindre est un des gestes premiers, comme en coupelle d'eau : un des gestes qui permettent à la conscience de venir à la lumière comme une source d'eau vive sort de terre, rieuse, espiègle, pleine d'air encore, un peu boueuse, porteuse du mystère du feu de la terre, celui qui donne corps au verbe, qui se prend les pieds dans la boue et dans le souffle, celui qui me met face à face avec mon pareil, mon semblable, mon tout autre.


Michel Madore      Carnets d'atelier, Editions Mémoire Vivante, Paris. 2003


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