Les jours sont comptés

Publié le par la freniere



Pour les ongles des morts oubliés dans la pierre,

les doigts meurtris sous le marteau du boss,
les cœurs en feu sous le manteau du froid,
les noms oubliés au fond des verres vides,
les bouches en forme de soif, les yeux oblitérés,
les désirs noyés dans les eaux du mirage,
la peau des murs tatouée de révolte,
les vagues anonymes oubliées par la mer,
les larmes des enfants dans le ventre des mères,
les voix du feu, les cris de l'eau,
la parabole de la terre, la grammaire du ciel,
les odeurs de sueur, de sperme, de fougère,
les fins de route où commencent les pas,
les corps cloués sur le verdict,
les espoirs floués, les promesses perdues,
les gouttes de sang qui tombent chaque minute,
les appels sans voix sans écho sans réponse,
les coups de foudre éteints,
les ombres confondues à la couleur des murs,
les enfants sans défense fatigués de rêver,
les genoux trop usés à force de ramper,
les planches de salut rongées par les secondes,
ne vous fiez pas à l'air du temps,
les jours sont comptés sur les calendriers.



Publié dans Poésie

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