Poète en sol mineur (Espagne)

Publié le par la freniere


Quand j'étais un nain, heureux et sans chagrin,
avant les bonnes nuits ou le baiser de ma mère
j'avais l'habitude de froisser les après-midi,
pour les abriter dans mon lit de contrebande,
dans une manche de pyjama.
Je demeurais ensuite sur le seuil du rêve
en dévoilant à nouveau la carte des heures,
en ressuscitant à ma façon les cadeaux du jour
- le rendez-vous avec Charito, le but de la victoire -
avec un large sourire de paupières fermées.
Toujours dans la lumière obscure du silence.
Je me souviens aussi que j'étalais devant moi les hontes
les humiliations, les offenses, les mépris sans nombre
en sol mineur que je nommais l'oubli
L'ennui, le pire, c'est qu'aujourd'hui encore
ils n'ont pas disparu du tout et qu'à peine je les remue
ils éclaboussent ma mémoire, mes lunettes, mes poèmes...


Alberto Vega


Publié dans Poésie du monde

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