Qu'un mort cogne à ma porte

Publié le par la freniere


Qu'un mort cogne à ma porte
je lui prête ma vie.
Qu'un homme crie liberté
je me lève avec lui.
Qu'un autre perde sa voix
j'apprends à lire dans ses yeux.


Qu'une fleur s'étiole dans un pot de confiture
je plante un chêne dans ma cour.
Qu'une seule outarde s'éloigne du voilier
je lui fais de grandes signes
d'un bord à l'autre du chemin.

Qu'une nuée d'étourneaux se cabre dans le vent
je me mets à voler sur le dos d'une page.
Que le vin des hommes monte à la tête,
que le pain lève dans le four
je lève mon verre à la moisson.
Qu'un malheureux se penche pour manger
mes mains deviennent un bol.

Comment dire non à la bonté
la beauté, la vie ?

À l'écoute du vent, de l'insecte et de l'herbe,
quand ton bras se tend pour aimer
je m'abandonne à sa douceur.



Publié dans Poésie

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B

J'aimerais tant écrire un poème sur la beauté des vôtres. Vos mots sont si denses, si doux...les miens, si pauvres et je m'en veux de ne pas arriver à dire l'émotion que votre écriture me donne.