Je viens

Publié le par la freniere


Je viens sans raison sans saison sans maison.
Je viens de l'encre et du papier.
Je viens de tout et du néant.
Je viens des muscles de la mer,
des hanches des montagnes,
des pieds nus sur la route.
Je viens de l'eau. Je viens du vent.
Je viens d'un ventre de lumière.
Je viens de l'aube et du couchant.
Je viens de chaque lettre, de chaque pas sur le sable.
Je viens des yeux et de la main.
Je suis né d'un parfum, d'une étoile, d'une mère.
Je viens de chaque note, de chaque son,
d'une bouteille à la mer.
Je viens du violon avec son chant de bois,
de la truelle, du marteau, de la plume,
de la ruelle et sa portée de chats.

Je viens des petites choses,
des yeux de porcelaine, des cardans de l'orage.
Je viens du bronze et du silex.
Je viens du serpent, de la loutre et du loup.
Je viens de moi aussi.
Je marche à pas d'oiseau entre les pas de plomb.
Je remonte de loin à l'arraché de vivre,
de plus loin que la terre,
de plus loin que la roue, le rouet et la route,
de plus loin que la mort.
Je ne demande qu'à aimer.


Publié dans Poésie

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D
"Je viens"Mais pas sans raison... Je reviens, parce qu'il est des fois où il se fait besoin de revenir...