Joe, ce chewing-gum (France)

Publié le par la freniere


Putain, Joe je ne me sens vraiment pas bien. J'ai le moral dans les chaussettes comme on dit. C'est le bourdon, il résonne en moi comme un glas. C'est pénible. La barre, je l'ai sur le front mec. Puis s'il n'y avait que le physique qui ne suivait pas... Il s'agit de ces lendemains où les remords te grignotent, de ces lendemains où tu te réveilles comme un fruit alors que la veille t'étais une fleur. Le problème, c'est qu'une mouche a largué ses œufs au centre de ma couronne « pétalée ». Je suis bouffé de l'intérieur.

Hier, c'est revenu avec puissance, mec. Eh Joe ! Qu'est-ce que j'aurais voulu que tu sois là pour me retenir ! On ne sort pas de ces vices là une fois qu'on a décidé d'y entrer. Un verre, puis deux et trois ! Et ça ne s'arrête plus. L'alcool est une pétasse, elle sait se vendre ! Ouais Joe, je ne déconne pas.

Je dois bien l'avouer Joe. Quand je l'ai senti circuler dans mes veines pour aller se perdre dans les sillons de mon cerveau, j'ai aimé. C'était du Jet. En trois lettres, comme toi Joe. Cette bonne potion verte qui te rappelle ton enfance ! Tu sais, quand tu sirotais ta menthe sur la plage, habillé de ton seul bob et de tes seules lunettes. C'est traitre ! Parce que là, tes lunettes elles te font voir flou d'un coup puis ton bob, tu sais qu'il s'est envolé à tout jamais dans les torrents d'air glacés...

Y en a marre Joe, t'es jamais là quand il faut toi.

Puis une fois que t'es ivre, tu te mets à penser à toutes ces choses débiles qui te font croire que t'es un moins que rien, que t'es seul, que t'es inutile, que tu n'as fait que décevoir ton entourage... Enfin toutes ces conneries Joe ! Il y a de ça, il y a de ceux aussi qui ne se rendent pas compte de leur ridicule en allant bavasser des sans-lendemains avec des minettes. Tout ça c'est du baratin ! Je préfère encore vociférer du silence et mâcher de la solitude mec ! Parce que la solitude, c'est comme un chewing-gum ; faut la ruminer pour qu'elle perdre de sa saveur. La solitude, ça passe Joe. Ouais, ça passe...

Olivier Deluermoz


Publié dans Poésie du monde

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