Une page blanche d'amour

Publié le par la freniere


Elle est à toi ma vie. Tu peux la prendre. Maintenant ou plus tard. Quand tu voudras. C'est un petit jardin plein de fleurs amoureuses, une rigole pour boire l'eau des pluies. Viens à la saison des bourgeons neufs, quand la terre sourit, quand le soleil est nu comme la peau des arbres, quand les plantes s'inventent de nouvelles racines, quand la mémoire enlève ses pansements et s'offre à l'espace. Je ne sais pas grand-chose des maisons. Je fréquente les routes. Je ne peux plus attendre. Je fais avec la neige un igloo de bonheur. Je dresse une tente avec les aiguilles de pin qui tricotent le vent et les fuseaux horaires qui dévident leur fil. Je bois sur ton visage l'eau légère du miracle. Mes mains se perdent sur ta peau et trouvent la lumière. Les étoiles descendent et se mêlent à nos gestes. J'entends de la musique en toi. Ce n'est pas une question d'oreille. J'écoute avec le cœur. C'est comme un violoncelle sous l'archet d'une main.

J'écris ton nom partout sur l'espace entre les choses, le temps entre les heures, sur l'ombre qui s'approche et celle qui s'éloigne, sur le silence entre les notes, nos mille vies différentes où nous sommes ensemble pour toujours. Tu as touché l'immensité secrète qui m'habite. Ton regard vient de loin, à des années-lumière. Il me regarde de si près. Des visions de beauté surgissent de tes yeux. Mes mots qui trébuchaient se remettent à danser. Dorénavant, quand le soleil se lève, je crois à la lumière. Tu m'apprends à devenir humain, plus humain que les hommes. Au milieu de l'orage, le ciel dans tes yeux reflète le soleil. Je t'approche comme on approche une oasis au cœur du désert. J'ai tellement soif de toi.

Que je regarde n'importe où, c'est toujours ta beauté que je cherche. J'ai volé tant d'images de toi, je recompose ta présence juste en fermant les yeux. Quand je souris, mon sourire emprunte ton visage. Nous sourions ensemble. Je suis moulé à toi comme ta propre peau. Quand tu te déshabilles, je deviens nu aussi. Je me perds et me trouve dans le parfum de toi. Je ne peux me cacher. Je t'embrasse partout. Mes mains se promènent sur toi. Elles touchent ce qu'elles aiment. Elles aiment ce qu'elles touchent. Je t'écris une ligne supplémentaire pour t'aimer un peu plus, toute une page blanche d'amour.

Il neige dans mes yeux comme il pleut sur ta rue. Il faut que la tendresse invente son printemps. J'ai besoin de toi plus que les jours ont besoin d'heures. Si parfois la fusillade d'un silence écorche ton oreille ne m'en tiens pas rigueur. Ce n'est pas que l'amour ait des trous de mémoire mais qu'il déborde sur le temps. Je t'aime librement, totalement, souverainement. C'est là ma seule dignité, nos fleurs écloses sur le fumier du monde. Je t'aime avec tes doigts entre les miens, tes mots sur mes épaules, avec ta présence dans toutes les fibres de mon corps. Chaque matin, quand je refais les draps, je n'oublie de garder ton odeur. Je la mets dans ma poche. Elle embaume mes heures. Mes mains te cherchent aux confins de l'instant et trouvent ton visage incrusté dans les mots. Quand je te dis je t'aime de loin, j'en fais comme une étreinte.

Je coule en toi comme un partage. Le monde s'agrandit et l'homme devient bon. Le vide se remplit.
Le soubassement de l'âme s'approche des étoiles. Je ne suis plus perdu dans la périphérie. Par toi, j'ai retrouvé le centre. Tes instants correspondent à l'exact du temps. L'amour que nous avons imaginé, nous le vivons en vrai, sans nous mentir sans nous dédire. Sans nirvana sans satori, nos seules caresses nous suffisent. Je savais bien que le bonheur existait quelque part. Je l'ai trouvé en toi.



Publié dans Prose

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