Contre l'hypocrisie généralisée

Publié le par la freniere


Un peu partout, au quotidien, je ne vois qu'humanité morte c'est à dire des troupeaux d'yeux sans vie des gestes et des paroles convenues...

Des masses hagardes bouffées par la meute des médias officiels au service de l'argent et de faux prestiges. Politiciens professionnels et autres idéologues spécialistes de la langue de bois n'ont de cesse que de conserver leurs privilèges acquis sur le dos de ce qu'on appelait autrefois le petit peuple qui ressemble de plus en plus à une population de bestiaux anonymes évincés par les turpitudes d'une ploutocraties impitoyable.

Quant aux poètes, ils font de la poésie... Ils travaillent à peaufiner leur renommée...Ils produisent la beauté de demain. Demain? Il se pourrait que demain ne soit plus qu'un champ de ruines, comme dans la bande de Gaza où en ce moment même les Israéliens terrorisent et tuent allègrement, sans remords, au nom de dieu et de la patrie. Adolf H. se marrerait à s'en faire péter la panse s'il pouvait assister à ce massacre des innocents. Par leur inaction, leur manque de scrupules, les gouvernants de la grande majorité des nations mondiales nous révèlent leur vrai visage, sur tous les continents, arabes y compris. Nous finissons tout juste de festoyer, de roter en nous souhaitant... Je n'arrive pas à imaginer ces horreurs, c'est dégueulasse. Nous supportons, comme tout le reste... parce que, dit-on, nous n'y pouvons rien. En outre, c'est la crise, un vent de panique décoiffe les actionnaires et les banquiers tandis que les privatisations continuent de plus bel, parce qu'il n'y a pas d'autre choix, n'est-ce pas? NOUS N'Y POUVONS RIEN.

Pauvres citoyens pétris de bonnes intentions qui persistez à voter pour les faux culs qui nous enculent (pardonnez-moi, je n'arrive plus à trouver les mots politiquement corrects). Certains affirment qu'il s'agit de réformer, de moraliser le capitalisme. Bougre d'imbéciles! Essayez d'apprivoiser un ban de piranhas affamés, essayez donc et vous n'aurez même pas le temps de comprendre ce qui vous arrive. Les périodes de décadences se caractérisent par l'abondance outrecuidante des discours moralisateurs qu'elles génèrent. Les mots à contre sens, la grandiloquence, les pensées vaines remplacent les actes nécessaires. Les décideurs décrètent l'état d'urgence tout en ignorant les solutions les plus évidentes. Les luttes (légales ou non) pour le pouvoir et les outrages de la corruption s'intensifient. Ainsi lorsque l'union et la solidarité s'avèrent indispensables pour dépasser des obstacles paraissant infranchissables, la division règne. Guerres et épidémies se propagent. Tels des oracles.

Un des signes de ce temps qui ne trompe guère: le manque de respect croissant des uns et des autres.

L'orgie des opinions courantes dévaste nos sociétés. Le respect, quand il demeure, provient de la crainte ou de l'attente d'une récompense avantageuse, un respect lamentablement formel, de circonstances. La compassion est une perle rare de coquillages des grandes profondeurs.

La nuit s'enroule, bercées de vénéneuses poussières contre la terre qui hurle en silence.

Vastes prairies désertifiées, forêts dépecées, rivières empoisonnées, faune éradiquée... L'imagination pourrit dans des basses fosses emplies de matières fétides et gluantes.

Cependant quelques mutants rescapés des carnages de l'opulence sur-vivent, tentent l'impossible à travers séismes et malédictions. Ceux-ci vivent de peu, comme décalés, prenant en horreur le confort conformiste d'une civilisation qui agonise à grands frais, une civilisation qui étouffe leurs cris de rage.


Il y a l'école buissonnière
où l'on apprend sa propre mort
il y a des matins purs
avec des lèvres chaudes
il y a des mains amicales
et des mots inconditionnels
il y a la révolte somptueuse
qui fracasse l'avarice des coffres-forts
fait éclater les vitres pare-balles
il y a des sentiments
et des moissons ardentes
des gestes ordinaires
pour partager le pain
il y a cette douleur qui noue la gorge
ce besoin de rêver encore un peu
envers et contre tout
et surtout cet immense désir d'aimer
comme une RÉVOLUTION perpétuelle
qui n'en finit pas de nous faire de nous défaire
jusqu'à ce que nous devenions enfin
DES ÊTRES VRAIS.


André Chenet


Publié dans Glanures

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