Sabra et Chatila (France)

Publié le par la freniere

Les Israeliens ont été tenu à tort responsables du massacre de Sabra et Chatila alors qu'il a été perpétré par la milice chrétienne libanaise. On pourrait cependant les accuser de non-assistance à personnes en danger. Je publie ce poème  parce que le massacre qu'ils commettent actuellement est aussi révoltant.


"Temps qu'il fera Dieu les hommes se haïront"

Tristan Cabral

 

 

Je reviens de là-bas
et revêtu du crime!...


là-bas
ils sont entrés
dans les camps à six heures
sur leurs armes on voyait un visage de femme
comme on voit dans les églises


ils ont tués aux lueurs des phares et des fusées
et Nous
nous regardions
du haut de nos immeubles


ils ont tué au couteau
ils ont tué à la hache
femmes et enfants
hommes et chiens
Ils ont tué Fatima Ali Mouloud Leilah
et le petit Wafa qui n'avait que sept mois


ils ont tué au couteau
ils ont tué à la hache
arraché les foetus dans les ventres ouverts


ils ont tué au couteau
ils ont tué à la hache


pendant quarante heures ils ont tué


cinq mille sept mille peut-être plus


et Nous
nous regardions du haut de nos terrasses...


il faudra désormais écrire sur tous les murs
dans tous les livres
dans tous les cahiers
sur la terre comme au ciel
Deir Yasin Treblinka Sabra et Chatila
Deir Yasin Treblinka Sabra et Chatila!


là-bas
les souliers sont encore rangés devant les portes
et sur les tables
le linge propre
attend


parmi les survivants
il y a des enfants seuls
qui agitent lentement
des mouchoirs bien trop grands


je reviens de là-bas
où le pain et le sel sont encore sur les tables
où les lits sont encore creusés par le sommeil...


je reviens de là-bas
je reviens de Sabra
et puis de Chatila
je reviens de Sabra
et revêtu du crime


MAIS
de sa cachette
un enfant a Tout vu

l'enfant aux paroles bleues
à peine plus grand qu'une main
l'enfant de haute tour
et de toutes les douleurs
qui vit là-bas
près d'Haimadi
l'enfant qui vend des figues et des mouchoirs
et quelquefois des armes


il a Tout vu l'enfant
et il n'a plus l'enfant
la force de pleurer


alors il regarde.....Il Regarde....Il Regarde!...


depuis ce jour
là-bas


une seule fenêtre garde la nuit.....


Tristan Cabral


Beyrouth - Bir Hassan

Poème lu à "La journée de la Terre" en Palestine occupée - 1988

 


 

Publié dans Tristan Cabral

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