Emportée

Publié le par la freniere


Emportée, tu m'emportes. Vivant dans un lieu où tu n'es pas, j'en invente un autre où nous sommes ensemble. C'est le plus vrai des deux. Mon corps vit dans l'un et mon âme dans l'autre. Le monde où tu n'es pas, je l'habite par toi. Je vais à l'arbre comme à toi. Je bois à l'eau comme à ta bouche. Le vent qui passe, l'air qui chante, les mots des hommes, c'est pour toi. Les choses où tu n'es pas ne sont pas de vraies choses. Je dois te les nommer pour en savoir le sens. Tu es comme le feu. Quand il fait froid chez moi, je pense à ta chaleur. Tu réchauffes ma vie mieux que mon poêle à bois. Tu agrandis ma main jusqu'à ta propre peau. La rose que je sais rose n'est rose que par toi. Rien vraiment n'est sans toi. Je nais à ta présence. Je ne suis plus enclos. Tu m'ouvres l'infini. Dans le tissu des mots, j'ai taillé un abri où nous nous habitons. Je ne cours plus après ma vie, je te prends par la main.

Publié dans Prose

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