Planète provisoire

Publié le par la freniere


La mort a la brutalité du flash

Sommes-nous les derniers de la race

Le ciel est plein d'insultes : «Yankees go home»

«péril jaune péril rouge». La saison est lâche

Partirons-nouys bientôt sans laisser de traces

La planète crispée attend le baptême de l'atome


Sommes-nous les derniers amoureux

des forêts vierges des volcans des cobras

des champs de tournesols bêchés par les rats

des banquises polaires qui de plus en plus souvent prennent feu


Nos mots marient encore la foudre à la prairie

allument des fêtes dans les ténèbres des cavernes

Mais qui dira la lèpre du sommeil et la lune qui pourrit

lentement au-dessus des eaux empoisonnées des citernes


Je crois que nous sommes les derniers de la race

Demain les dinosaures arpenteront les boulevards

Au sommet de l'Himalaya fumeront les ruines de Caracas

On entendra piailler les grandes singes bleus de la préhistoire.


André Laude

 


Publié dans André Laude

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article