Capitulation

Publié le par la freniere


Dans la maison sombre, flottait une odeur de chien mouillé, de poussière, de suie, de tissus froissés, de vieille soupe et de papier qui patiente. Il se leva en trainant les pieds, fit claquer les volets de bois, pissa pendant que la cafetière ronronnait puis se laissa tomber dans le canapé déchiré en face de la porte-fenêtre. En s'asseyant, il eut l'impression de se noyer dans les fleurs orange du tissu et se releva effrayé. Ses yeux allèrent se perdre dehors, dans la lumière close du paysage, puis tombèrent dans une flaque où il couru les ramasser d'une démarche gauche. Une pie esquinta le silence. C'était le genre de jour où quoi qu'il arrive le café reste froid. Soudain, il cru entendre des murmures dans la cuisine. Il se dirigea vers l'évier avec l'impression persistante que la montagne de vaisselle sale ricanait de lui. C'est là qu'il se retourna un ongle d'orteil en accrochant sa vieille charentaise trouée à la marche de béton. Il hurla en levant la tête au ciel et aperçu distinctement, malgré l'éclat de pollen qui lui défouraillait la rétine, la bande de pigeons des platanes d'en face se foutre de sa gueule en le montrant de l'aile. Il renonça objectivement lorsque le jour acheva de lui claquer la porte au nez.


Thomas Vinau

 


Publié dans Prose

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