C'est

Publié le par eniger

Si difficile soir. Sans toi. L'espace tremble de ce non recevoir, de ce temps au futur, de ce passé présent. Lorsque l'étoffe cache, quand se tait tout envol de la main à la main, quand les voix ne sont plus que la brise montante où dorment les oiseaux, je convoque l'orage du rêve à épouser, sa force tellurique. Il va falloir franchir les paliers les plus hauts, dégager les concepts et les rendre vivants. Il va falloir le sel pour relever la mer. Jusqu'au bout des jetées il faudra s'avancer pour choisir le voyage. Va la neige recouvre mais la terre fermente, il faudra la toucher comme on touche une femme, démonter le soleil jusqu'au soleil debout pour boire ses vertiges. Démontrer l'absolu à l'aplomb du moment. Il faudra des éponges pour essuyer la mer jusqu'à plus une larme. Que l'écope dégage tout geste superflu, tout geste à l'imparfait. Alors je pourrai voir de mes rives humides venir le bateau fleuve des choses essentielles. Et le voyant dresser droit devant son chemin, je saurai qu'il m'accoste et pourrai dire : c'est.

 

 

Ile Eniger, Bleu-miel

Publié dans Ile Eniger

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