Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Je chante comme un arbre à guitares
Dans le vent jaune des chaleurs.
Là-bas pousse l’herbe verte, ici elle se meurt,
Je chante le sang noir des Sept Cités de Cibola
Où le lichen du vin déroule ses violettes.
Je chante Alvar Nunez Cabeza de Vaca
Épine d’or au talon du Monarque.
 
Je chante au loin vers tes champs de lumières

Où fleurissent les yeux de Jacataqua,o Princesse, anémone au cœur de ses guerriers,Jacataqua de notre sang et du vôtre épousés,

Hommes d’airain, je chante vos enfants de la terre.
 
Je chante rouge la mort de Sitting Bull
Dressé dans la conscience au plus altier des gratte-ciel.
Je chante noir la mort illuminée de Sitting Bull
Qui veille libre au poing de la Statue,
Sitting Bull des prairies
Où sont fermées les vieilles cicatrices de la gloire.
 
Je ne suis pas d’ici, mais je chante.
 
J’enchante les oiseaux, les femmes de vos nuits,
La lune chaude à l’heure de septembre
Sur la terre foulée par les hardes sombres
De Sitting Bull.
 
Je ne suis pas d’ici, mais je chante.
 
Vous dites qu’ont vécu les fins soleils,
Vous dites qu’est fané le plumage d’aurore;
Leur chair est en poussière et vous foulez leur chair.
Mais la victoire est dans le roc,
Le trimphe dans les rivières,
Vous ne pouvez les effacer.
O Vérité dans la mémoire des collines,
O Vie dans le silence des falaises,
Remords comme une flèche au cœur.
 
Frédéric Jacques Temple

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