Mère 4

Publié le par la freniere


Tu continues dans l’air
et la clarté de l’aube,
la rose qui se trouve
dans son propre parfum,
le rêve dans sa nuit,
l’amande sous l’écale.
Je te porte dans moi
comme tu portes mes sœurs.
Je t’aime simplement
comme tu ouvres ton cœur
comme tu aimes mes frères.
 
Tu as quittée sans peur
la cage d’herbe grise.
La flamme de ton cœur
raccommode l’hiver.
Tu laisses dans mes mots
des pas d’encre joyeux.
Tu ranges la vaisselle
dans l’armoire des gestes.
Tu transformes en jardin
la literie du monde.
 
Tu renais dans mes yeux
quand je vois mes enfants.
Tu renais dans ma bouche
quand je mange des fraises
ou que je dis ton nom.
Tu renais dans mes mains
quand je caresse ma blonde
Tu renais dans mes pas
quand je danse avec elle.
 
T’arrive-t-il encore
de tricoter la terre
avec le fil du cœur,
de mettre des bas chauds
aux racines d’un arbre
ou d’essuyer les larmes
au feuillage d’un saule ?


 
 

Publié dans Poésie

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