Les chemins de traverse

Publié le par la freniere


Je ne sais plus quoi dire aux animaux. Les arbres tournent la tête quand ils entendent l'homme. Les pierres font la sourde oreille. Les chemins de traverse se mettent à boiter. Les fées se cachent entre les murs. Les anges laissent leurs ailes au fond des garde-robes. La nuit craint les néons et les cris des sirènes. L'aube se cache sur le pas de la porte. Il est inadmissible qu'on vende son âme à dieu ou au diable, qu'on vende l'homme au plus offrant, qu'on vende l'air et l'eau. La terre n'appartient à personne. Il faut garder pour nos enfants un futur possible. Je ne veux plus d'une main qui écrase l'autre main, d'un œil qui veut du mal à l'autre, d'une oreille qui n'écoute pas l'autre. Je ne veux plus d'un homme à la merci d'un autre. Je cherche dans le monde ce qu'il cherche à cacher, le croisement de l'espace et du temps. Je cherche la beauté, la bonté, la justice. Je cherche un homme qui plaide pour la vie. Quand j'atteins la lumière, je cherche encore la lumière.


Le temps n'est pas une ligne droite. J'y roule à bille sur du papier. Je respire plus large dans les mots, le goût du sel dans le mot mer, la vie dans le mot mère, le parfum des baisers dans le mot lèvre, l'espoir dans les mots d'amour. Je conjugue le futur au possible, la tendresse à l'urgence. J'écoute le brin de paille me raconter sa nuit. Les arbres quand ils prient n'invoquent pas un dieu mais le passage des saisons. Ils font monter au ciel les terres qui l'entourent. Je suis comme une branche tendue vers le soleil. Les métaphores m'offrent un toit, les images une porte, la ligne d'horizon une route où marcher. Je me donne aux enfants qui m'enfantent comme la mer incorporant ses vagues pour être ce qu'elle est. Je me donne à tous les paysages. Ils font ce que je suis. Je me donne à la terre où je retournerai, devenu source dans la source.

 


Publié dans Prose

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soisic 30/05/2009 08:51

oui toujours chercher la lumière......"le chemin trop bien défini mêne à l'indifférence et l'indifférence à la mort.Etre né au pays des collines,des chemins creux,dispose à l'illogisme au retrait,au mystère.  c'est notre chance -"Glenmor